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Exposition

Messagers du Ciel

Images des anges dans les manuscrits de la Bibliothèque royale de Belgique

Du 10 au 24 décembre 1999
et du 3 au 15 janvier 2000

 

Issus du courant sémitique, les anges font partie de l'imaginaire collectif depuis l'aube de l'humanité. Assyriens, Babyloniens et Hébreux en avaient pressenti l'existence au travers de leurs divinités ailées, bienveillantes ou néfastes. L'occident médiéval en fera des acteurs privilégiés de son univers spirituel. Mais qui sont-ils réellement ? Comment le moyen-âge a-t-il représenté ces êtres immatériels, ces esprits dotés d’un corps "aérien" ?

Sorte d’intermédiaires entre un Dieu, éternel mais inaccessible, et un monde naturellement éphémère, les anges ont connu de nombreuses représentations, la plupart liées à leurs activités. Car les anges, figures souvent hiératiques, remplissent en réalité quantité de fonctions. On les sait gardiens, protecteurs, conseillers, avant tout messagers. Leurs interventions dans la vie des hommes sont multiples. Ainsi ce sont des anges qui annoncent à Abraham la naissance d’Isaac, qui sauvent Daniel jeté dans la fosse aux lions ou qui préviennent Joseph des dangers qui le guettent lors de la Fuite en Egypte. Mais surtout - image immuable entre toutes - c’est par l'intermédiaire de Gabriel, un des sept archanges, que la Vierge apprend qu’elle sera la mère du Sauveur.

Divisés, d’après le Pseudo-Denys l’Aréopagite, en sept ordres et neuf chœurs hiérarchiques, les anges sont aussi responsables du mouvement de l'univers: ils animent les astres et la sphère des étoiles. Les anges veillent sur le monde. Des écrits apocryphes rapportent encore que des anges à six ailes entourent le trône de Dieu et observent l'humanité. Les anges protègent aussi les hommes. Chaque fidèle n’est-il pas, comme le pèlerin ou le jeune Tobie, guidé par un ange ?

Mais l'ange a d’autres visages. Garant des volontés divines ou protecteur des justes, il peut abandonner le lys pour brandir le glaive. Apparaît alors l'ange justicier, le guerrier, défenseur de la cité céleste; celui qui chasse Adam et Eve du Paradis ou pèsera les âmes à l'heure du Jugement Dernier. Acte hautement symbolique, des anges rejettent en Enfer leurs pairs rebelles qui ont renié Dieu ou, pire, se voulaient son égal. L’ange déchu prend à cet instant la figure du diable.

A la fin des temps, l’ange affrontera la Bête.

Imprégné de mysticisme ou teinté de croyance populaire, expression d’une réalité spirituelle ou simple reflet de l'inconscient collectif, l'ange recèle en fait d'innombrables facettes. C’est cette diversité que tente de mettre en lumière l'exposition organisée à la chapelle de Nassau.

La Bibliothèque royale de Belgique montrera à cette occasion une trentaine de ses manuscrits les plus précieux: livres d’heures, psautiers, chroniques, mais aussi des versions enluminées de l'Apocalypse, du Pèlerinage de vie humaine ou encore des volumes rares de la Cité de Dieu de saint Augustin. Autant de chefs-d’œuvre de la peinture médiévale, rarement exposés ou peu connus, qui retourneront ensuite dans les réserves du Cabinet des Manuscrits, à "l'abri de leur ange protecteur".

 

Chapelle de Nassau
Du 10 au 24 décembre 1999
et du 3 au 15 janvier 2000

Entrée gratuite de 12h à 16h50
Fermé les dimanches

Bibliothèque royale de Belgique
Mont des Arts - Bruxelles