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La Bibliothèque royale de Belgique tient à s'associer
aux nombreuses manifestations qui célèbrent le cinquantenaire de la mort
de Colette le 3 août 1954. D'abord parce que l'Académie royale de langue
et de littérature françaises l'a élue en son sein pour succéder à la poétesse
Anna de Noailles. Plus profondément parce que la Belgique, à travers la
figure de Sidonie Landoy, sa mère, ne cessa d'apparaître comme une terre
d'opulence et de bonheur où la libre et frondeuse Sido passa une enfance
comblée, auprès de ses deux frères, journalistes à Bruxelles.
Colette à Bruxelles, Liège et Ostende
Dans ses années de théâtre, Colette vint à plusieurs reprises à Bruxelles, et, dans ses livres,
elle évoque avec tendresse les odeurs et les parfums de ses demeures patriciennes, les discussions
dans les brasseries et les cafés mais aussi les plages d'Ostende et la lumière nacrée de la mer du Nord.
Après une première représentation de Claudine à
Paris, comédie en quatre actes de MM. Willy et Luvey, le 2 mai 1902,
sur la scène de l'Alcazar, Bruxelles découvre Colette Willy le mardi 4
décembre 1906 au Théâtre du Parc, où elle joue Pan, drame satyrique de
Charles Van Lerberghe. Le public belge la retrouvera encore, notamment en
novembre 1908, lors des quinze représentations de Claudine à
Paris, à l'Alcazar de Bruxelles, puis en mai 1909 à Liège avec
Claudine à Paris et en 1910 à Ostende avec La Chair.
Des critiques et hommes de lettres belges ont su, bien vite, reconnaître son talent. Dès 1914, André de
Ridder écrivait : "Si jamais femme de lettres a échappé à toute classification littéraire, a outrepassé par
sa simple et vigoureuse personnalité toutes les définitions et infligé un démenti à toutes les caractéristiques
dont on a voulu préciser son art, c'est bien Colette Willy, celle qui n'est plus que Colette si délicieusement
et qui peut se vanter d'être la plus belle romancière de France et peut-être un des trois ou quatre grands
prosateurs de ce temps."
La collection de Michel
Remy-Bieth
L'exposition présente une sélection de la riche collection de Michel Remy-Bieth : objets personnels, lettres,
cartes postales, manuscrits, photographies, affiches et journaux rassemblés par le collectionneur tout au long
de sa vie. Ces documents ont donné lieu à la publication d'un ouvrage de Gérard Bonal et de Michel Remy-Bieth
intitulé Colette intime (Paris, Phébus, octobre 2004).
L'exposition s'articule autour de 5 grandes périodes :
La femme et l'œuvre (1873-1891) ; Les années Willy (1891-1906) ; Les années Missy (1906-1913) ; Les années
Jouvenel (1913-1924) ; Les années Goudeket (1925-1954).
La collection de Michel Remy-Bieth nous fait découvrir une Colette moins simple, peut-être moins sympathique,
plus rusée, plus forte, plus calculatrice, autrement complexe que celle qu'une imagerie pieuse s'efforçait de
préserver.
Michel del Castillo, préface au catalogue.
Hommage exceptionnel rendu, non seulement à l'écrivain, mais à tout un monde culturel disparu : Marcel Proust,
Jean Cocteau, François Mauriac, Henry de Montherlant, Anna de Noailles, Maurice Ravel, Francis Poulenc, les figures
"scandaleuses" de ce début du siècle telles la marquise de Morny, dite Missy, Willy, le mari calomnié, Jean
Lorrain, les anonymes du music-hall, sans compter les admiratrices de la romancière, parmi lesquelles la reine
Élisabeth de Belgique.
Colette et Élisabeth
de Belgique
L'amitié fut réciproque. En témoignent les visites que rendit personnellement
la reine au domicile parisien de Colette et quelques lettres pleines de
sensibilité que lui adresse celle-ci en remerciement de ses attentions.
Les liens de Colette avec notre pays font aussi l'objet d'un ouvrage de
Jeanne Augier, Colette et la Belgique 1815-1955, publié aux Editions
Racine en collaboration avec l'Académie royale de langue et de littérature
françaises.
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