À la fin de l’Ancien Régime,
la suppression des couvents et des
abbayes a entraîné la dispersion des
bibliothèques de ces établissements.
Un nombre impressionnant de manuscrits
et d’imprimés s’est dès lors retrouvé sur
le marché. Cette offre massive de livres
a donné l’opportunité aux bibliophiles
du XIXe siècle de se constituer des
collections privées sans précédent.
À la suite de leur décès, les établissements
scientifiques de la jeune Belgique,
et en particulier la bibliothèque nationale
qui venait d’être créée, ont fait l’acquisition,
soit directement soit après quelques
péripéties, des bibliothèques de nombre
d’entre eux. La Bibliothèque royale de
Belgique, au travers de cette exposition,
souhaite revenir sur une des périodes
fastes de son passé. Le public pourra
ainsi découvrir pas moins de vingt
bibliophiles par le biais de leurs
collections. Citons parmi les exemples
les plus prestigieux la bibliothèque
encyclopédique de Charles Van Hulthem
et la collection spécialisée en sciences
physiques de Johann Müller ;
la « bibliothèque universelle » de
Thomas Phillipps (“I wish to have one
copy of every book in the world”) et le
cabinet de travail du philologue Jan
Frans Willems ; les manuscrits médiévaux
en possession de Richard Heber et les
incunables rassemblés par François
Xavier Borluut de Noortdonck...
De milieux socioculturels divers,
d’opinions et de centres d’intérêts très
différents, ces collectionneurs avaient
en commun leur passion pour les livres
et ont, incontestablement, marqué de
leur empreinte le patrimoine de la
Bibliothèque royale de Belgique. |