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I. Le projet Kisch: une première belge

Présenter de façon attrayante et accessible au grand public la vie et l'oeuvre d'Egon Kisch (1885-1948), évoquer l'esprit de son époque, voilà en bref notre projet.

L'élément de base, c'est l'exposition photo viennoise "EGON ERWIN KISCH". L'exposition (adaptée aux moeurs belges -sous-titres bilingues-) illustre l'engagement social du journaliste.

On l'a appelé "l'inventeur du reportage". En même temps son oeuvre atteint le niveau de la grande littérature.

A l'occasion de l'exposition sera publié un catalogue bilingue.
Autour de cette exposition, les activités annexes illustrent de façon actuelle l'essence même de la technique de Kisch: le parfait équilibre entre l'aspect journalistique et l'aspect littéraire.

Il y aura une soirée consacrée au journalisme d'investigation, un concours de "journalisme hors du commun" et une approche littéraire.

L'importance de Kisch justifie un tel déploiement de forces. L'écrivain Geert van Istendael estime qu'à notre époque, où l'information nous submerge, l'exemple de Kisch peut apprendre, surtout aux jeunes, à avoir une approche critique face aux faits soi-disant objectifs.

Il a écrit aussi "Rien ne change aussi vite que le fruit du travail du journaliste. Le journaliste qui se maintient 10, 30, 50 années et plus est vraiment grand. J'en connais deux: Tucholsky et Kisch."

II. Egon Kisch, le reportage littéraire comme label de qualité

Egon Erwin Kisch, juif et communiste, est "l'inventeur" du reportage littéraire. Déjà dès les années vingt il jouit d'une grande célébrité grâce à son livre "Der rasende Reporter". Kisch est toujours à la recherche de l'essentiel, de ce que les apparences nous cachent.

Kisch est un écrivain fertile: des reportages, des contes, des essais historico-culturels: son oeuvre complète remplit plus de 30 volumes.
Par le recours aux figures de style littéraires entre autres (ce qui n'est pas évident dans un reportage "classique") Kisch produit une oeuvre de qualité supérieure. Il marie sans complexe l'investigation rigoureuse à un style littéraire de haut niveau. Bertolt Brecht dira qu'avec un cinquième du talent de Kisch on écrit un prix Nobel.

Egon Erwin Kisch "Der rasende Reporter" - "Le journaliste furieux"
Le titre de son livre est devenu le surnom un peu ironique mais justifiable que l'on a donné à Kisch, le pionnier du reportage.
Par son existence de nomade, Kisch fut le témoin privilégie de son époque. Il fait office de porte-parole de l'intelligentsia de gauche, car "l'art véritable est résistance, insurrection, révolution";
Il ne rate pas son rendez-vous avec l'histoire.
Dans l'ordre plus ou moins chronologique il vit la guerre des Balkans (1912), la première guerre mondiale, la scène berlinoise des années vingt. Il voyage, entre en contact avec Gorky, Brecht, Gide et Chaplin. Ses rencontres avec l'histoire se multiplient et s'intensifient: la montée du nazisme, son arrestation après l'incendie du Reichstag, la guerre civile d'Espagne, l'exil.

Justement, Kisch sera un personnage-clé dans la littérature de l'exil. Cet exil le mènera aussi en Flandre. Pendant l'été de 36 il séjournera à Bredene avec entre autres Joseph Roth, Hermann Kesten, Stefan Zweig, Imgard Keun, Arthur Koestler, Lou Eisler...
Il consacrera des "reportages" à Geel, à Anvers, au Borinage entre autres.

A. L'Exposition

Le "kischologue" Marcus Patka est le commissaire de l'exposition, basée sur un "album photos" d'une qualité exceptionnelle, composé par ses soins. Ces photos illustrent la vie de Kisch en cinq chapitres chronologiques.

Pour une vision et une approche plus nuancée du personnage, il y a les portraits de Schlichter, de Schad et d'Ascher, les collages d'avant-garde de Sussman et d'Umbehr, les premières éditions des publications de Kisch, les éditions de l'exil, des documents des années trente.

B. Les activités annexes

1. Le prix Egon Kisch pour un "journalisme hors du commun"
Seuls les journalistes débutants -deux années au maximum d'expérience-, voilà la norme-, ou des non- professionnels qui veulent faire leurs armes, peuvent se présenter.
Le sujet est libre, mais il faut qu'on présente un reportage hors du commun qui "creuse dans la mémoire du monde, cherche les faits que certains veulent soustraire à notre vue".
Cela demande de l'endurance de la part des candidats.
Les reportages hors du commun nous offrent des perspectives étonnantes sur notre propre époque.

Le premier prix: 20.000 BEF en chèques FNAC et la publication éventuelle du reportage dans "De Standaard".
L'article et le bulletin d'inscription doivent être en possession de la fondation "Pascal Decroos", au plus tard le 1er mai 2001.
Information au 02/705.59.19
Proclamation:
Mercredi le 16 mai, 19h30
Bibliothèque royale, Bruxelles
Salle Lippens

2. Plaidoyer pour un journalisme d'investigation
Le "journalisme d'investigation" n'est pas vraiment un sujet facile. Les journalistes ne s'y frottent pas d'emblée; le journalisme d'investigation exige du temps, de l'énergie, des moyens, ne correspond donc pas aux exigences de nos medias contemporains.

Nous avons tout d'abord invité l'autorité américaine en la matière: Charles Lewis. Il exposera les buts et la fonction des ses organisations: "The Center for Public Integrity", The Public i" et le "International Consortium of Investigative Journalists". Nous avons invité aussi Günter Wallraff.
Les autres participants au débat sont Walter De Bock (De Morgen) et Alain Lallemand (Le Soir).
Mercredi le 16 mai, 19h30
Bibliothèque royale, Bruxelles
Salle Lippens

3. Le reportage littéraire au 21e siècle
Il s'agit d'une perspective purement littéraire de haut niveau qui s'inspire principalement de la technique du reportage de Kisch.
Nous lançons un trio littéraire de format sur la piste. Jan Brokken, Geert van Istendael et Landolf Scherzer.

Geert van Istendael
Van Istendael connaît l'histoire et la politique allemandes. Il a fait sa réputation comme romancier, mais on apprécie également sa poésie. La vraie célébrité est venue avec des livres -documents très charpentés comme "Het Belgisch Labyrint" ou "De Schoonheid der wanstaltigheid" (La beauté de la laideur). Ce dernier livre est une analyse sans pareille de son pays natal. La même érudition produira "Arm Brussel", un portrait sans précédent de notre capitale. Il fait preuve de ses qualités de polémiste dans "Bekentenissen van een reactionair" (Aveux d'un réactionnaire), "Anders is niet beter" (Différent, mais pas meilleur pour autant) et "Nieuwe uitbarstingen" (Nouvelles éruptions).

Landolf Scherzer
Dans "Le premier et le deuxième", Landolf marche sur les traces du secrétaire général du parti communiste en 1986 et en 1992 après la "Wende" avec son successeur de l'époque. Le résultat est une chronique sociale minutieuse de l'échec et de l'incompréhension, une narration impitoyable des problèmes des petites gens sur l'arrière-plan de la "grande politique".
L'hebdomadaire allemand Der Spiegel parle d'une historiographie de par en-dessous, du point de vue des victimes. Le même hebdomadaire appelle Scherzer "un Wallraff sans déguisement". Scherzer ne cache jamais pendant ses reportages qu'il est journaliste et qu'il est dans l'obligation de décrire la société telle qu'elle est. Scherzer estime que les médias doivent rendre au monde sa clarté structurée. Il appelle cela le "pluralisme du mensonge".

Jan Brokken
Jan Brokken fait ses débuts dans le magazine littéraire "Maatstaf". Avant cela, il avait publié des articles dans le quotidien "Trouw" et le "Haagse Post".
En 1986 il devient écrivain à temps plein. Son oeuvre est composée de 12 livres: des romans, des recueils de contes, des interviews littéraires, un récit de voyage et des reportages.
Ses qualités de romancier et son expérience d'écrivain touriste-explorateur se marient parfaitement dans son livre le plus récent. "Jungle Rudy" raconte sa recherche du Hollandais Rudi Truffino qui part dans les années 50 au Vénézuéla pour commencer une vie nouvelle dans la jungle.
Truffino aime par-dessus tout la forêt amazonienne et les indiens Pémón. Pourtant il finira par provoquer lui aussi le dépérissement de la forêt et de la culture des autochtones.
"Jungle Rudy" devient ainsi une fable sur l'impuissance de conserver ce qu'on aime.
Jeudi le 31 mai, 19h30:
Jan Brokken, Geert van Istendael &
Landolf Scherzer
Bibliothèque royale, Bruxelles
Salle Delvaux

 

RENSEIGNEMENTS PRATIQUES
  • Egon Erwin Kisch: "Der rasende Reporter", Exposition de photos
  • Production: "Jüdisches Museum der Stadt Wien"
  • Commissaire de l'exposition: Marcus Patka
  • Du 19 avril jusqu'au 31 mai 2001
  • Du lundi au vendredi: de 10h00 à 16h30
    Le samedi et le dimanche de 14h00 à 18h00
    L'exposition sera fermée les jours fériés
  • Bibliothèque royale, Bruxelles, niveau + 5,
    cafetéria, Mont des Arts, Bruxelles
  • Activités annexes
    Le mercredi 16 mai à 19h30
    Charles Lewis & Günter Wallraff
    Walter De Bock &Alain Lallemand
    Salle Lippens - Bibliothèque royale, Bruxelles

    Le jeudi 31 mai à 19h30
    Jan Brokken, Geert van Istendael & Landolf Scherzer
    Salle Delvaux - Bibliothèque royale, Bruxelles
  • Entrée: expo gratuite
    Activités annexes: 200 BEF
  • Catalogue: 400 BEF
  • Prix spécial: 600 BEF catalogue + deux activités annexes
    (moyennant versement au compte n° 001-1199489-63 du LPBoonkring)
  • INFO: 02/201 09 08
    Kunst en Democratie/Culture et Démocratie
    (en semaine)
    02/649 35 87 Louis Paul Boonkring
    (weekend)
  • Organisé par Louis Paul Boonkring, Fondation Pascal Decroos, Het beschrijf, Oostenrijks Centrum Antwerpen & Culture et Démocratie
  • Avec la collaboration de: Het Vlaams Theater Instituut, Editions EPO, Bibliothèque royale de Belgique, Uitgeverij Atlas, Veen Uitgeversgroep, Aufbau Verlag Berlin, Nachrichtenmagazin Stern Hamburg, Ambassade Autrichienne à Bruxelles, Centre Culturel Tchèque de Bruxelles & BKA Art Vienne
  • Avec le soutien de: De Standaard, De Vlaamse Gemeenschapscommissie,
    la FNAC & De Vlaamse Gemeenschap
     

 

 
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