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Cette exposition sur l'art des tribus nomades des steppes de Mongolie est organisée en
collaboration avec la Fondation Richard LIU, qui avait déjà réalisé l'an dernier avec le
Musée du Cinquantenaire une remarquable exposition d'art chinois provenant du musée de Tianjin.
Il s'agit cette fois de mettre en valeur les résultats de fouilles récentes en Mongolie en
complétant cet ensemble par des pièces provenant d'une collection privée européenne et de
musées de Mongolie.
L'exposition rassemble une centaine d'objets de pierre, de bronze et d'or, couteaux, ornements,
bijoux… datant du paléolithique au 2ème siècle après JC.
Aucune de ces pièces n'a jamais été montrée en Europe.
Fabriqués et utilisés par des nomades qui parcouraient la steppe, ces objets sont souvent de petite
dimension. Leur usage ne nous est pas toujours connu, pas plus que le symbolisme des figures animales
qui les décorent.
S'agissait-il d'un rappel du milieu de vie des tribus, de symboles claniques ou chamaniques?
La réponse n'est pas toujours claire, surtout quand les objets ont été isolés de leur contexte
historique et géographique, comme cela pouvait se produire pour des collections du début du 20ème
siècle.
On a utilisé diverses dénominations pour les identifier:"style animal", style de Ordos, du lieu où on
découvrit les premiers d'entre eux, scythio-sibérien, sino-sibérien ou scythe…
Occupant les steppes du nord-ouest de la Chine, parfois rassemblées en un empire guerrier, ces tribus
étaient les voisins "barbares" des Chinois.
Tenus à distance par la Grande Muraille et périodiquement en guerre avec les empereurs de Chine, ces
tribus avaient aussi des contacts culturels, économiques, etc… avec leurs voisins du sud, ce qui
permit des emprunts réciproques dont témoignent diverses pièces de l'exposition.
Les nomades achetaient des ornements en métal, de la soie, des laques et des brocarts.
Les Chinois achetaient des chevaux, des ânes, des chameaux, des fourrures ou du jade.
C'est également au contact des tribus nomades que les Chinois apprirent à utiliser le transport sur
roues et, plus tard, la cavalerie dans les batailles. Des mercenaires nomades s'engagèrent parfois au
service des royaumes chinois du nord.
C'est à la découverte de ces échanges, de l'histoire, de la culture, des coutumes et des
techniques de ces tribus que convie cette exposition.
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