[Amsterdam, van der Aa], 1726. Echelle indéterminée. 20,7 x 30,4 cm
cote: Fonds Verbauwen n° 850 CP
Québec, ville principale de la Nouvelle-France, doit sa fondation à Samuel de Champlain (1567-1635) en juillet 1608. Elle s'élève non loin de l'ancienne agglomération indienne de Stadaconé que Jacques Cartier (1491- 1557) avait visitée lors de son voyage de 1535 et qui avait disparu entretemps dans la tourmente des guerres entre Hurons et Iroquois (cf. Gastaldi, La terra de Hochelaga...).
Dans un premier temps, la Nouvelle-France est mise en valeur et administrée par la Compagnie des Cent Associés, entreprise qui s'avère très vite peu rentable. Des immigrants s'y installent cependant, attirés par l'absence de tailles et de corvées, pour se livrer principalement à l'agricul ture, à l'artisanat et aux métiers liés à la pelleterie. En 1663, la Compagnie est déclarée en faillite et la Nouvelle-France devient alors une colonie sous administration royale directe. Québec est dès lors érigée en capitale, c'est- à-dire lieu de résidence du gouverneur, de l'intendant, siège de l'Evêché et du Conseil souverain. Sa population croît lentement et régulièrement au cours du siècle.
La guerre qui oppose Anglais et Français après la Ligue d'Augsbourg (1686) ne se limite pas à l'Europe et revêt ailleurs des caractères particu liers. Ainsi, désireux d'interdire l'accès des Grands Lacs aux colonies anglaises de la côte et surtout aux marchands de New York, les Français s'emparent de quelques forts anglais. La riposte anglaise n'est pas à la hauteur ; une armée de terre forte de 2000 hommes se disloque avant même d'arriver sur le terrain et la flotte commandée par William Phipps (34 vaisseaux et 2000 hommes) subit une défaite retentissante devant Québec en octobre 1690. C'est à ce fait d'armes qu'est consacrée la carte ici présentée, avec une légende erronée plaçant le siège en 1670. Le parcours de cette carte est intéressant : elle est gravée en 1694 par Harmanus Van Loon (ca 1650-1701 ?) pour les Forces de l'Europe de Nicolas de Fer (1646-1720), atlas réédité en 1702 par Pieter Mortier (1661-1711) puis en 1726 par Pieter van der Aa (1659-1733). Celui-ci insère également la carte dans la Galerie Agréable du Monde, (Koeman, Aa 9 non daté), en procédant à quelques légères modifications : ajout de la guirlande, nouveaux caractères pour la légende et suppression du nom du graveur. Par contre, l'erreur de la date du siège (1670) n'est pas corrigée comme on peut le constater.
Certains détails indiquent la source utilisée par N. de Fer. Sur la rive longeant le Saint-Laurent, à des endroits où dans de nombreuses cartes apparaîtraient des espaces vierges,- Beauport et la Canardière,- on trouve au contraire l'indication des surfaces cultivées avec les noms des propriétai res. Or, ces mêmes éléments se retrouvent sur les plans manuscrits de Robert de Villeneuve (ca 1645-post 1692). Nommé en 1685 ingénieur militaire en Nouvelle-France, ce dernier ne se limite pas à relever les seules fortifications de Québec ou de Montréal, il cartographie aussi les régions avoisinantes sans avoir toujours le temps de reporter les résultats au net. Absent lors de l'attaque anglaise de 1690, il dresse cependant trois cartes de cet événement (Bibliothèque nationale, Ge.D. 8053 ; Centre des Archives d'Outre-mer d'Aix-en-Provence, D.F.C. Amérique septentrionale n° 354 ; Ministère des Affaires Etrangères, Dépôt géographique 8674) qui, malgré des formats différents, portent des titres semblables et contiennent à peu de choses près les mêmes données que la carte de Nicolas de Fer : lieux-dits, fermes, noms des propriétaires, aires cultivées et zones forestières.
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