Henry POPPLE, A Map of the British Empire in America with French, Spanish and Dutch Settlements

   En 1733 paraît à Londres un atlas de 20 feuilles de formats divers intitulé Map of the British Empire with French and Spanish Settlements. Cet ensemble comprend une carte d'assemblage qui porte le même titre que l'ouvrage et montre outre la surface étudiée, 4 vues de villes et 18 plans de forteresses.

    William Henry Toms (actif 1723-1758) en est le graveur-éditeur et Henry Popple (? -1743) l'auteur. Nous ne possédons que peu de renseigne ments biographiques sur ce dernier : nous savons seulement qu'il exerça plusieurs professions dont celle de comptable de la reine Anne. Le premier essai cartographique de Popple est resté à l'état de manuscrit. Exécuté en 1727, il concerne les colonies françaises et anglaises d'Amérique du Nord, c'est-à-dire une zone moins étendue que celle couverte par l'Atlas, et est aujourd'hui conservé à la British Library, Londres (Ms 23.615 f. 75). Qu'il s'agisse de la carte manuscrite, des diverses cartes de l'Atlas ou de la carte d'assemblage, Popple a opéré à des degrés divers de multiples emprunts à un manuscrit réalisé vers 1722 par John Branwell (Public Record Office, Londres). Représentant seulement le Sud-Est de l'Amérique septentrionale, celui-ci s'avère une source assez complète pour les côtes de Caroline et les établissements indiens de la région mais peu fiable quant au réseau hydrographique de l'Ouest des Appalaches. Pour la région du Mississippi, Popple s'inspire des cartes de Guillaume de l'Isle (1675-1726) mais il ne le copie pas entièrement. L'orientation qu'il donne au lac Ontario (Sud-Ouest/ Nord-Est) ne correspond pas à la réalité (Ouest-Est), alors qu'elle est convenablement rendue par les cartographes français. A cette époque, les Français se sont plus aventurés à l'intérieur des terres et connaissent évidemment mieux la géographie de ces contrées. Cette carte anglaise est la première à nommer les treize colonies, appelées à former le noyau des Etats-Unis. Entreprise avec l'approbation des Lords Commissioners of Trade and Plantations, elle reçoit un commentaire élogieux d'Edmund Halley (1656-1742), le célèbre astronome, comme l'indique le commentaire du coin inférieur droit.

    Johan Covens (1697-1774) et Cornelis Mortier (1699-1783) font alors paraître une réduction en 7 feuilles, dont la carte d'assemblage, identique à celle de 1733, est présentée ici. Johannes Condet (1711-1781) en est le graveur. Comme souvent pour les travaux de la maison d'Amsterdam, la datation est difficile : entre 1737 (Cumming) et 1740 (Allibone, Watt et le Catalogue du British Museum). Koeman ne se prononce pas mais indique dans quelles éditions de l'Atlas nouveau de G. de l'Isle la carte est rajoutée (C & M 6, 1741 ; C & M 7, 1745 ; C & M 8, post 1757 ; C & M 11). Puisqu'il s'agit d'une production hollandaise, l'adjectif "dutch" (dans certains exemplaires "hollandish") est inséré dans le titre. Sur notre exemplaire, les couleurs différencient les possessions suivant les métropoles respectives : vert pour la France, rouge pour l'Angleterre, jaune pour l'Espagne et orange pour les Provinces-Unies.

    Il existe également des versions françaises de la carte. G.-L. Lerouge (actif 1740-1780) l'éditera en 1742 pour l'inclure ensuite dans son Atlas général (1762). La section des Cartes et Plans de la Bibliothèque royale possède également un exemplaire portant la signature de Crépy (actif 1735- 1777) édité à Paris vers 1755, époque où l'actualité braque à nouveau ses feux sur cette partie du monde en raison de la Guerre de Sept ans.

    Copiée par de nombreux géographes anglais en dépit de ses approxi mations, elle restera la carte la plus utilisée jusqu'à la parution de la Map of the British and French Dominions in North America de John Mitchell en 1755.

Bibliographie


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