Matthieu Albert LOTTER, Carte Nouvelle de l'Amérique angloise contenant tout ce que les Anglais possèdent sur le continent de l'Amérique septentrionale

   Cette carte est l'oeuvre de Matthieu Albert Lotter (1741-1810), descendant d'une illustre lignée de cartographes et d'éditeurs de cartes installés à Augsbourg. En effet, son grand-père n'est autre que Matthias Seutter (1678-1757) qui après avoir débuté comme graveur, fonde sa propre entreprise. Celle-ci peut être considérée comme concurrente de la maison de Jean-Baptiste Homann. En 1757, Tobias Conrad Lotter (1717-1777), gendre de Seutter, hérite d'une partie des cuivres. Désireux de reconstituer les cartes manquantes, il s'inspire des travaux des cartograp hes français, principalement de Guillaume de l'Isle, et associe Mathieu Albert et ses frères à la production en leur enseignant l'art de la gravure et de l'édition.

    La présente carte, que l'on s'accorde à dater de 1776, figure également dans l'Atlas Géographique (Nuremberg, 1778) dans lequel T.C. Lotter est présenté comme auteur alors qu'il est décédé l'année précédente. Les cartes qui le composent portent quasiment toutes les signatures des membres de la dynastie Seutter-Lotter, Matthieu Albert n'ayant participé qu'à l'élaboration des deux mappemondes, des cartes du Brandebourg, de Moravie, des colonies anglaises d'Amérique du Nord et du plan de Philadelphie. Les circonstances historiques expliquent évidemment la publication de cette carte ; l'Europe entière a les yeux tournés vers les actions des "Insurgents" d'Amérique. En 1774 a lieu la réunion du premier congrès national, en 1775 se déroulent les premières phases du conflit armé et le 4 juillet 1776, les treize colonies se déclarent libres et indépendantes sous le nom d'Etats-Unis d'Amérique. Le traité de 1783 mettra fin à la guerre.

    La carte s'étend du Nord de la Floride à la baie Sainte-Françoise, actuelle Saint Francis Harbour, et à la baie James. Les noms des provinces, villes et chaînes de montagnes y sont repris ainsi que les zones occupées par certaines tribus indiennes avec leurs villages. Infiniment moins détaillée que la plus célèbre de ses devancières, la Map of British and French Dominions in North America de John Mitchell (Londres 1755) qui lui a sans doute servi de source, elle est aussi moins fiable : une mauvaise évaluation des longitudes se remarque dans la position des Grands Lacs et plus particu lièrement du lac Michigan dont la rive Ouest est placée par l'auteur à quelques 8 degrés de New York alors qu'elle se trouve en réalité à 14 degrés. Cette remarque vaut également pour la côte à l'Ouest de la péninsule de la Floride, inexistante sur la carte alors qu'elle devrait s'étendre sur 4 degrés, et pour l'île de Terre-Neuve dont l'étroitesse est trop marquée. Cette Amérique angloise est représentative à la fois du type de gravure en vogue au XVIIIème siècle et du travail de compilation effectué alors par certains cartographes.

Bibliographie


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