Nicolas de FER, La rivière de Mississippi, et ses environs, dans l'Amérique septentrionale

   La carte de Nicolas de Fer est intéressante car elle est antérieure de trois ans à la Carte de la Louisiane de Guillaume de l'Isle qui est considérée comme la source principale des cartes ultérieures de la région. Elle ne paraît pas avoir fait partie d'un atlas. La portion de territoire représentée couvre l'Est et le Sud des Etats-Unis et une partie du Mexique actuels entre les 22° jusqu'au 41½° de latitude Nord, depuis le lac Erié, seul grand lac représenté, et la rivière Illinois, au Nord ; la Virginie, la Caroline et la presqu'île de Floride à l'Est ; le Nouveau-Mexique à l'Ouest ; la Nouvelle- Espagne, c'est à dire le Mexique, jusqu'à Valladolid et Querete, au jourd'hui Queretaro ; le golfe du Mexique et le Nord de l'île de Cuba au Sud. La vallée du Mississippi est représentée depuis son delta sur le golfe du Mexique jusqu'au Nord des confluents des rivières Missouri et Illinois. Le Rio Grande est appelé successivement, de sa source vers son embouchu re : Rio del Norte, Rivière verte, Rio Bravo. On y voit aussi l'emplacement des tribus indiennes "amies" ou "ennemies" des Espagnols, "Panigoucha qui ont quatre grands villages. C'est d'où vient le boeuf", "bourg habité par les naturels du pays", "pays rempli de troupeaux de Boeufs sauvages" ou encore "bourg habité par 35 familles espagnoles", et près de la rivière Illinois : "Fort Louis, apelé cy devant F. Crevecoeur". On y trouve aussi sur cette carte les tracés de "chemins", notamment : "Route que firent les Espagnols pour venir à la Baye" de Querete à la baie St-Louis, actuelle baie de Matagorda ; "Route de Mr Cavelier de la Baye St-Louis jusques aux Acansas" de la baie St-Louis au confluent du Mississippi et de l'Arkansas ; "Chemin qui mène aux Chicachas" et "Chemin que tienent les Anglois de la Caroline pour venir aux Chicachas" ...

    Cette carte est l'oeuvre du graveur et cartographe français, Nicolas de Fer (1646-1720) dont les cartes eurent une grande vogue. Né en 1646, Nicolas de Fer est mis en apprentissage, à l'âge de 12 ans, chez un graveur. Très vite, la confection des cartes de géographie emportent ses préférences. En 1687, il reprend le commerce de cartes géographi-ques, continué par sa mère après la mort de son père, Antoine de Fer, marchand d'estampes et de cartes, décédé en 1673. En quelques années, il en fait une affaire prospère. Il ne se pose pas en topographe, mais en vulgarisateur. Il publie de nombreux atlas et se spécialise dans la publication de documents illustrant l'actualité : cartes frontières, cartes de nouvelles conquêtes, villes fortifiées par Vauban, voyages de découvertes, édition de cartes corrigées selon les nouveaux calculs de l'Académie des Sciences. Il bénéficie de la protection de la famille royale ; du grand Dauphin, de son fils, Philippe, duc d'Anjou puis Roi d'Espagne, du Roi de France, lui-même. L'enseigne de la boutique de Nicolas de Fer était la Sphère royale, une sphère armillaire à laquelle il était très attaché et qui se trouve sur un grand nombre de ses publications. A sa mort, le 25 octobre 1720, il laisse trois filles mariées. Seuls, deux de ses gendres, Guillaume Danet, marchand papetier et Jacques-François Besnard ou Bénard, graveur, continuèrent, chacun pour leur compte, l'activité de Nicolas de Fer.

Bibliographie


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