in Theatrum Orbis Terrarum, Anvers, Christopher Plantin, 1579
cote: II 22.598 C LP
La nouvelle édition de 1579 du Theatrum
Orbis Terrarum d'Ortelius est l'une des premières éditions
de cet atlas publiées à Anvers chez Christophe Plantin (ca
1520-1589). La carte de l'Hispania nova, Mexique, y publiée
servit d'archétype copié librement par les cartographes durant
presqu'un siècle entier. Contrairement à l'affirmation de
Wagner, ce n'est pas la première carte imprimée du Mexique.
En réalité la première est celle qui fut publiée
en 1524 avec le rapport de Hernan Cortes (1485-1547) sur sa conquête
de l'empire Aztèque.
Il existe encore une autre tentative antérieure
de dresser une carte de cette région : en 1561 l'éditeur
vénitien Girolamo Ruscelli (ca 1504-ca 1569) publia une traduction
italienne de la Geographia de Ptolémée. Pour les cartes
des régions inconnues du monde antique, Ruscelli joignit à
sa traduction une série de cartes tracées par Giacomo Gastaldi
(ca 1500-ca 1565) cosmographe de la République de Venise. Les cartes
de Gastaldi avaient déjà été publiées
dans une édition précédente de l'ouvrage de Ptolémée
en 1548. La traduction de Ruscelli rencontra un grand succès et
fut rééditée en 1564, 1574 et 1599. La même
série de cartes apparut dans les différentes éditions.
Parmi les cartes de Gastaldi, empruntées et redessinées par
Ruscelli, se trouve la Nueva Hispania tabula nova. Elle représente
le Mexique et l'Amérique centrale jusqu'à Panama. Ruscelli,
en rectifiant les cartes originales de Gastaldi, supprima le tracé
du canal entre le Yucatan et Mexico et joignit cette péninsule au
continent même. En réalité ce canal n'a jamais existé.
La Nueva Hispania de Ruscelli a été fidèlement
publiée par Gioseppe Moletius (1531-1558), mais le texte qui l'accompagne
est, selon toute vraisemblance, composé par ce dernier.
Dans la première édition du Theatrum Orbis Terrarum, Ortelius publie une carte de l'Amérique inspirée de celle de Diego Gutierrez (1485- 1554), auteur de la première carte imprimée sur laquelle figure le nom de la Californie. Ortelius la publie jusqu'en 1587 lorsqu'il la remplace par une nouvelle carte qu'il a dessinée lui-même. Cette dernière continue à être publiée dans le Theatrum jusqu'au moment où les héritiers d'Ortelius la remplacent, en 1615, par une nouvelle.
La Hispaniae novae sive magnae recens et vera descriptio, ici exposée, paraît pour la première fois en 1579 dans le deuxième Additamen tum du Theatrum d'Ortelius. En 1584, il ajoute à cette carte du Mexique trois autres cartes relatives aux Amériques : la Peruvia auriferae regionis tipus ; la Florida. Auctore Hioron. Chiaves et la Guastecan. La première s'attache à l'Amérique du Sud et les deux autres à la Nouvelle-Espagne.
L'Hispaniae novae ... pose la question des sources cartographiques utilisées par Ortelius pour le tracé de la carte. Henry R. Wagner affirme que la carte de la Nouvelle-Espagne ainsi que celle de Culiacan publiée aussi dans l'édition de 1579 du Theatrum Orbis Terrarum, doivent être toutes les deux des copies de cartes d'origine espagnole. Il pense qu'il est probable qu'elles soient dérivées de la même source que la Geografia y descripción universal de las Indias de Juan Lopes de Velasco, qu'il date ca 1570, car les nomenclatures sur la carte d'Ortelius et celles dans la publication de Velasco sont identiques. Toutefois, il est aussi possible que l'auteur de la carte de la Floride, utilisée par Ortelius, soit Jeronimo Chiaves (1523-1574) qui serait également l'auteur des cartes de la Nouvelle-Espagne et de Culiacan, toutes deux publiées, en 1579, par Ortelius.
Par contre, Didier Robert de Vaugondy affirme que Juan Duran, auteur de plusieurs traités sur le Mexique, a publié en 1575 une carte de la Nouvelle-Espagne dans sa géographie de l'Amérique. Cette même carte aurait été utilisée par Ortelius dans son atlas. Un fait important, qui ne facilite pas les recherches des sources de l'Hispaniae novae ... c'est que, contrairement à son habitude dans le Theatrum Orbis Terrarum, Ortelius ne cite à propos de cette carte aucun des auteurs des cartes dont il a employé les travaux et il ne la signe pas lui-même. Howard F. Cline n'exclut pas la possibilité qu'Ortelius soit l'auteur de la carte, mais dans ce cas pourquoi Ortelius ne l'a-t-il pas signée ? Dans l'état actuel de nos connaissances, l'auteur de la carte reste donc à identifier.
L'Hispaniae novae ... d'Ortelius, qui représente une amélioration importante lorsqu'on la compare à la carte de 1561 de Girolamo Ruscelli, a été copiée et publiée à plusieurs reprises par différents auteurs qui n'en mentionnent pas l'origine. A titre d'exemple, Théodore de Bry dans son Americae, pars quinta, Frankfurt, 1595, publie une carte du Mexique intitulée Hispaniae novae sive magnae, recens et vera descriptio sans jamais mentionner, dans aucune des différentes éditions de son ouvrage, la source de sa carte. Une comparaison des deux cartes montre pourtant sans le moindre doute la paternité de la carte d'Ortelius sur celle de Théodore de Bry. Comme Howard F. Cline le fait remarquer, Théodore de Bry, sans apporter aucun changement, a reproduit avec la carte les notes au lecteur concernant les longitudes. Plus encore, les noms de certaines localités, mal orthographiés par Ortelius, figurent tels quels sur celle de Théodore de Bry. Il est important de relever ici que la publication du travail de Théodore de Bry a eu une grande diffusion au XVIIème siècle.
En 1605 paraît la traduction partielle en allemand de l'ouvrage de José de Acosta Historia natural y moral de la Indias. Ce travail contient 20 cartes de différentes parties du Nouveau Monde ; entre autres, la carte du Mexique dérivée de l'Hispaniae novae ... d'Ortelius. Plus tard, le géographe Matthias von Kinkelboch (1557-1613) publie une carte du Mexique dans son Geographisch Handtbuch. Le titre de celle-ci est presque identique à celui de la carte d'Ortelius : Hispaniae novae sive magnae vera descriptio. Cette carte est une copie de celle d'Ortelius ou plus probable ment une copie de la carte de Théodore de Bry copiée elle-même de la carte de la Nouvelle-Espagne d'Ortelius. La première édition de l'Atlas de Mercator paraît à Amsterdam, en 1606, douze ans après la mort de l'auteur. Cette édition, préparée par Jodocus Hondius (1563-1612), contient un certain nombre de nouvelles cartes qui ne sont pas dans le style caractéristique de Mercator et qui, par conséquent, rompent l'unité initiale de l'ensemble du travail. De 1606 à 1636 la carte de la Nouvelle-Espagne empruntée à Ortelius paraît sous le titre Hispaniae novae nova descriptio.
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