Juan de La COSA, Parte correspondiente a la America de la Carta General de Juan de La Cosa, Piloto en el segundo Viage de Cristobal Colon en 1493 y en la expedicion de Alonzo de Hojeda en 1499.

Calcada sobre la Original que posae El Sr Baron De Walckenaer para servir de Illustracion a la historia fisica politica y natural de la isla de Cuba por D. Ramon de la Sagra

   L'auteur de cette carte, considérée comme l'un des plus anciens documents cartographiques relatifs aux voyages de Christophe Colomb (1451-1506) et de John Cabot (ca 1455-1499), est Juan de La Cosa (m. 1509). Il prend part comme cartographe au deuxième voyage de Colomb, de 1493 à 1494, et non comme pilote et propriétaire de la Santa Maria au premier voyage en 1492, opinion souvent répétée dans l'historiographie de la découverte du Nouveau Monde. De 1499 à 1500, La Cosa participe aux voyages de découvertes d'Alonso de Ojeda (1471-1515), de Amerigo Vespucci (1451- 1512) et de Vicente Yanez Pinzón (ca 1461-ca 1524).

    L'original de la reproduction exposée ici est une carte manuscrite, signée par La Cosa et datée de 1500. Cette date a été confirmée par une série d'analyses rigoureuses de laboratoire : radiographie, réfléchissement de rayons et rayons ultra-violets. De plus, rien sur la carte même ne fait allusion aux événements d'après 1500 comme par exemple le troisième voyage de La Cosa vers le Nouveau Monde, de 1501 à 1502, pendant lequel il découvre le golfe d'Urabá et la côte de Darien. L'élaboration de la carte et son histoire jusqu'à sa redécouverte chez un antiquaire à Paris en 1833 par le baron Walckenaer, alors ambassadeur des Pays-Bas en France, reste totalement obscure. La carte, achetée par la reine d'Espagne, se trouve aujourd'hui dans le Museo Naval à Madrid. Elle est tracée sur parchemin et mesure 183 x 96 cm. La reproduction ici exposée date de 1837, c'est-à-dire quatre ans après la découverte de l'originale.

    Certains historiens de la cartographie ont remis en question l'authenti cité de ce document. Dans l'état actuel des choses, l'opinion la plus fréquemment acceptée est que la carte est une copie de l'original de La Cosa. En effet, le dessinateur de la copie ne put déchiffrer l'écriture de La Cosa car plusieurs noms situés sur les côtes de l'Amérique du Sud explorées par La Cosa lui-même sont inintelligibles et dénués de sens. Quoiqu'il en soit, cette carte constitue certainement le meilleur document de la fin du XVe et début du XVIe siècles représentant l'état des découvertes à ce moment. Elle est aussi la carte de cette époque la plus étudiée.

    La carte de La Cosa, en réalité, consiste en deux cartes, l'une de l'Ancien Monde et l'autre du Nouveau, séparées et tracées suivant deux échelles différentes, comme c'est le cas pour un certain nombre de cartes de cette époque consacrées aux découvertes. Les deux cartes sont jointes le long du méridien qui passe par les Açores. La reproduction ici exposée est uniquement relative au tracé de l'Amérique. L'échelle sur laquelle est dessinée cette partie est plus grande que celle de l'Ancien Monde, la proportion étant 1.4 à 1 avec pour conséquence l'extension de la place que l'Amérique occupe par rapport à l'Europe, l'Afrique et la partie tracée de l'Asie. Autre conséquence, c'est que le Brésil se trouve presque à la même latitude que le cap de Bonne Espérance et que Cuba est placé au-dessus du tropique du Cancer. Les 400 lieues qui séparent l'Irlande de Newfoundland sont donc réduites à 240. Cette caractéristique de la carte a fait penser à certains historiens de la cartographie que La Cosa à lui-même tracé la seule partie relative au Nouveau Monde et qu'un cartographe anonyme y a ajouté la partie consacrée à l'Ancien Monde afin de permettre aux utilisateurs de la carte de comparer les deux. Sur la carte complète, l'échelle est donnée par une ligne de points non numérotés et non expliqués. La distance entre deux points correspond selon toute vraisem blance à 50 milles. Toutefois les degrés de latitude et de longitude ne sont pas indiqués. Des roses des vents et des lignes de direction se trouvent également reprises sur la totalité de la carte. A l'Ouest, La Cosa indique les découvertes de Cabot et au Nord, celles de Colomb et des explorateurs espagnols. L'équateur et le tropique du Cancer sont également indiqués.

    L'image qui orne la partie supérieure de la carte, et dont seule figure ici la partie avec la légende, est celle de saint Christophe, patron des voyageurs, portant l'Enfant Jésus sur l'épaule. Pendant longtemps le visage du saint a été pris pour un portrait de Christophe Colomb. La légende suivante est inscrite en dessous de l'image : Juan de la cosa la fizo en el puerto de S: mã en año de 1500 : Juan de La Cosa fait [cette carte] dans le port de Santa Maria dans l'an 1500. Outre son rôle décoratif, l'image sert à cacher la partie des nouvelles terres encore inconnues où la recherche d'un passage vers Cathay commencera bientôt. La Cosa applique un stratagème semblable en tronquant le tracé de l'Asie pour éviter de poser la question de savoir si Colomb et Cabot sont arrivés à l'extrême Est de l'Asie ou à de nouvelles terres. La carte soulève donc le problème du concept exact du Nouveau Monde et de la perception des découvertes géographiques à l'époque de La Cosa.
    Cuba apparaît ici pour la première fois sous le nom dérivé du mot indigène Cubanacán ; Colomb l'avait appelée Iuna. La Cosa la situe avec La Espanola (Haïti) au Nord du tropique du Cancer. Elle est présentée comme une île et non comme une partie du continent asiatique, opinion contraire au concept de Colomb qui a toujours considéré Cuba comme une péninsule formant une extension de l'Asie. Cette prise de position de la part de La Cosa doit être considérée comme l'indice d'un changement de sa conception du Nouveau Monde car à la demande de Colomb, il avait avec d'autres marins prêté serment et signé la célèbre déclaration dans laquelle ils affirmaient que Cuba faisait partie de l'Asie.

    Parmi le groupe d'îles des Bahamas tracé par La Cosa avec une grande précision, se trouve l'île de Guanahani le premier atterrissage de Colomb lors de son premier voyage, alors nommée San Salvador et aujourd'hui l'île de Watlings. L'indication : "Este cavo se descubrio en año de mily IIII X C IX por Castilla syendo descubridor vicentians : Ce cap fut découvert dans l'an 1499 pour Castille, Vicente [Yanez Pinzón] fut le découvreur", se réfère au fait que le 28 janvier 1500, environ deux mois après son départ de Palos, Vicente Pinzón a finalement localisé le promontoire à l'extrême Est du Sud du Continent. Il l'a appelé Santa Maria de la Consolacion et en a pris possesion pour la couronne d'Espagne. Cet événement a eu lieu trois mois seulement avant que la même côte soit vue par l'explorateur portugais Pedro Alvares Cabral (ca 1467-1520) lors de sa route vers l'Inde via le cap de Bonne Espérance. L'indication Mar Duce se réfère à l'embouchure de l'Orénoque rencontrée par La Cosa pendant son voyage avec Colomb. La Costa de perlas désigne la côte Nord de l'Amérique du Sud découverte en 1498 par Colomb pendant son troisième voyage. Elle a été visitée par La Cosa, avec Alonso de Ojeda (1466-ca 1515) et Amerigo Vespucci (1454-1512). La liña meridional qui traverse l'extrême Est du Brésil représente la ligne de démarcation fixée, en 1494, par le Traité de Tordesillas, partageant les territoires entre l'Espagne et le Portugal. Elle correspond aujourd'hui au méridien 49° Ouest de Green wich.

    Cinq drapeaux anglais en bleu pâle et brun, sont plantés aux côtes Nord avec l'inscription mar descubierta po ynglesie : mer découverte par les Anglais. Au Sud-Est de la carte est inscrite la mention cavo de ynglaterra : cap de l'Angleterre. La Cosa se réfère ici aux explorations anglaises en Amérique du Nord, faites en 1497 et 1498, par John Cabot (ca 1455-1499). La source employée par La Cosa pour cette partie est selon toute vraisemblance inspirée de la carte de John Cabot relative à ses explorations en Amérique et aujourd'hui perdue. Il est en effet presque certain que La Cosa a copié cette partie de la côte de la carte de Cabot dressée en 1497 après son retour en Angleterre et envoyé au roi Ferdinand par l'ambassadeur d'Espagne en Angleterre, Pedro de Ayala

Bibliographie


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