Vincenzo Maria Coronelli (1650-1718), cosmographe de la sérénissime république de Venise fut le fondateur, en 1684, à Venise, de l'Accademia degli Argonauti, la première société géographique européenne. C'est l'un des personnages les plus charismatiques et les plus contestés de son époque. La place importante qu'il occupe dans l'histoire de la cartographie est due essentiellement à la construction de globes. Il est qualifié de "plus grand constructeur de globes de tous les temps" (Helen Wallis, p. XVIII). Un des aspects originaux de Coronelli dans ce domaine réside dans le fait que bien qu'il n'ait pas été le premier à publier, sous forme de cartes, les fuseaux des globes qu'il avait construits, il est certainement le premier à avoir assemblé ces fuseaux pour former un atlas.
Sa renommée comme constructeur de globes a certainement relégué au second plan son rôle dans la cartographie terrestre. En effet bien qu'il ait conçu entre 300 et 400 cartes, il manque toujours une étude complète et détaillée de sa contribution. Quelles sont les sources auxquelles Coronelli a puisé et qui sont les cartographes qui ont inspiré ses travaux et lui ont notamment fourni les données scientifiques exposées dans ces cartes ? En d'autres termes le degré d'originalité du legs cartographique de Coronelli reste encore à déterminer. En tout cas il avait accès aux cartes et aux récits des missions jésuites en Amérique ainsi qu'aux rapports sur les découvertes de La Salle (1643-1687), de Jolliet (1645-1700) et de Marquette (1637-1675).
Pour le tracé du détroit de Magellan, Coronelli se servit de la carte Magellan Straights, Thornton, 1694, du navigateur anglais l'amiral Sir John Narborough (1640-1688) qui entama le voyage d'Amérique du Sud en 1670 afin de vérifier la Relation de Voyage de 1615 de l'amiral Joris van Spilberghen (1568-1620). En conséquence la carte de Coronelli, America Meridionale, est d'une très haute précision grâce au privilège que l'auteur a eu d'avoir accès à des rapports scientifiques confidentiels de première importance. Ce fait a permis à Coronelli de perfectionner considérablement la cartographie des continents américains en général. Par exemple son tracé de l'Amérique du Sud est très exact si on le compare avec celui de ses prédécesseurs ou même de ses contemporains. Cependant on ne peut s'étonner que malgré cet accès direct aux meilleures sources cartographi ques et géographiques de son époque relatives à l'Amérique méridionale, le tracé de la Terre de Feu reste incomplet. En effet, la côte Ouest n'est pas dessinée, preuve du manque de renseignements qui auraient permis à Coronelli d'achever ce tracé. On peut faire la même remarque en ce qui concerne la Browers Landt, ou la Terre de Browers, située au Sud-Est de la Terre de Feu. On peut aussi remarquer que le nom du Chili n'est pas indiqué sur la région qui porte ce nom bien que Coronelli ait donné presque toujours les noms topographiques à quasi toutes les autres régions de l'Amérique du Sud.
La carte exposée ici est rarement citée dans les ouvrages de référen ces. Ainsi on ne la trouve ni dans le Catalogue of Printed Maps, Charts and Plans du British Museum, ni dans The Cartography of the Northwest Coast of America to the Year 1800 d'Henry R. Wagner.
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