Hendrick Doncker (1626-1699), l'un des principaux éditeurs de cartes marines à Amsterdam durant la seconde moitié du XVIIe siècle, commence sa carrière en exerçant le métier de libraire, ainsi que le précise le contrat de son premier mariage en 1648. Ensuite sans abandonner son négoce du Nieuwe Brugsteeg qu'il a baptisé in 't Stuurman Gereeschap, il se lance dans l'édition d'atlas, de cartes, de recueils et de guides qui tous ont trait à la navigation. Il donne ainsi en 1655 sa première publication, De Lichtende Columne ofte Zee-Spiegel, suivie en 1659 de son Zee-Atlas ofte Water-Waereld et un an plus tard, de l'ouvrage qui va se révéler le plus populaire et le plus demandé, Het Vergulde Licht der Zeevaard ofte Konst der Steerlieden de Klaus Hendrikz Gietermaker (1621- ?). Tous connaîtront de multiples rééditions. La qualité de ses cartes lui vaut une juste célébrité car au contraire de la plupart de ses contemporains tels Pieter Goos (1615/16-1675) auquel le liera un accord, ou Joannes Van Loon (? -1686), il corrige et remplace les documents périmés. Si à sa mort une partie du fonds et la maison du Nieuwe Brugsteeg sont cédés à Johannes Van Keulen, son fils, également prénommé Hendrick (ca 1664-1739), continue la vente et l'édition de certains atlas maritimes et publie également un ouvrage consacré au Don, De Nauwkeurige Afdeeling vande Rivier Don.
La Pascaerte vande Carabische Eylanden paraît pour la première fois dans l'édition de 1660 du Zee-Atlas (Koeman, Don 2) mais elle figure ici dans l'édition de 1678 (Koeman, Don 20). Elle montre les côtes américaines de 40° Nord à un peu plus de 6° Nord, soit de la baie du Delaware à l'embouchure de l'Orénoque. Certains détails, comme Cuba, font penser que Doncker a dû compter la West-Indische Pascaert de Willem Blaeu parmi ses sources mais cette dernière ne fut certes pas la seule car d'autres tracés en sont au contraire assez éloignés : la Floride et le Yucatan par exemple. Un observateur moderne remarquera notamment les contours très approximatifs des Bahamas, l'inclinaison Nord Est-Sud Ouest trop prononcée du Yucatan, les côtes de la Virginie s'avançant plus à l'Est que dans la réalité, et l'île de Cuba qui, élargie dans sa partie occidentale, n'est pas assez incurvée.
Néanmoins ces défauts ne doivent en aucun cas faire oublier la précision et la qualité du travail, remarquables pour l'époque et bien dans la manière du cartographe.
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