Gotfried Carel ESDRE & Jan ESDRE, Plan van de Willemstad en het fort Amsterdam

zoo als het gelegen was in't jaar 1760. Plan van de situatie der Haven en de hier mede gemeenschap hebbende Binne-wateren en kreken ; mitsgadens de legging van de Willem-Stad en het hier bijgelegen Fort Amsterdam

   L'exploitation effective de Curaçao par les Espagnols commence en 1529 mais dès 1634, l'île passe sous le contrôle de la West-Indische Compagnie. La richesse de Curaçao n'est pas seulement d'origine agricole, l'île constitue aussi une base navale pour les raids contre les colonies espagnoles et portugaises et une plaque tournante par laquelle transite tout un commerce de contrebande. Peu après leur arrivée, les Hollandais font construire un bastion protégeant l'entrée de la baie Sainte-Anne nommé fort Amsterdam. Au XVIIIe siècle, la compagnie continue de prendre en charge l'entretien et la modernisation du fort mais elle désire faire supporter les dépenses des nouvelles fortifications - enceinte de Willemstad, redoutes sur les côtes - par la population de l'île qu'elle juge suffisamment aisée. Les habitants, de leur côté, ne l'entendent pas ainsi. Un deuxième conflit, de nature purement technique, vient se greffer à celui-ci. Les officiers de marine, et principalement le vice-amiral Cornelis Schrijver, considèrent qu'un renforcement des protections est inutile : en cas d'attaque terrestre, la ville et le fort tomberont par manque d'eau. Par contre, les ingénieurs militaires développent une série de propositions qui visent à édifier remparts et fortins dans le but de garantir Willemstad des attaques venant de l'Est. Les plans ont été conservés et l'on peut encore juger sur pièce des états successivement proposés. Parmi les experts requis, se trouve Gotfried Carel Esdré, envoyé de la métropole en 1741, qui durant les deux décennies de sa présence à Curaçao, va rédiger, recopier ou améliorer des plans dont aucun ne sera réalisé.

    Ce plan de Willemstad accompagné d'un carton de situation est l'oeuvre de Jan Esdré (1748-1823) d'après les travaux et mesures prélimi naires effectués sur place par son père Gotfried Carel. L'état figuré date de 1760, soit 24 ans avant la composition du présent manuscrit, et montre donc le fort Amsterdam (A), la ville (B), la batterie de van Buuren (D) qui apparaît sur un dessin de 1748 et sera exécutée quelques années plus tard aux frais de la municipalité, les chantiers navals (O) et les hauteurs de Scharlo (M). Il signale également les bancs de sable et la présence d'une bouée, preuve de la familiarité de l'auteur avec les lieux. Plus remarquable est le projet de fortifications dessiné en pointillés (E) qui part d'un bastion de la ville pour aboutir au cimetière (H) et constitue un imposant fortin du côté d'Altena (K). L'auteur de cette proposition faite en 1751 est le général d'infanterie Van Burmania, envoyé personnel du prince Guillaume IV, inquiet de ne pas voir progresser la défense de Willemstad. G.C. Esdré connaissait ce projet, nous le savons par un envoi de mars 1754 accom pagné d'un croquis où il reprend le même tracé mais imagine un autre aménagement pour les espaces créés à l'intérieur des remparts.

    Le carton de situation a été exécuté avec moins de rigueur : certains contours des côtes sont approximatifs. Il suffit d'observer la pointe Sud-Est d'Over Zijde, l'extrémité Est du Rif van de drie Gebroeders ainsi que le flanc Est de Willemstad et de les comparer avec leur tracé sur le plan. Cependant, le relief est soigneusement précisé tandis que figurent chemins, saline et plantations dont deux noms ont survécu : Asiento et Rustenburg.

    Une seule question reste en suspens : pourquoi Jan Esdré qui, à notre connaissance n'a pas laissé d'autre trace en cartographie mais s'est intéressé à diverses disciplines scientifiques, a-t-il recopié ce plan en 1784 ? Peut-être en hommage à son père décédé l'année précédente, dont on peut deviner qu'il avait laissé derrière lui des archives ramenées de son lointain séjour. Peut-être aussi par besoin de renouer avec ses racines : Jan Esdré est né à Willemstad en 1748 dans ce Curaçao qu'il quitte à 10 ans et où il ne retournera jamais.

Bibliographie


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