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KBR, ms. IV 1293
Les Heures van Reynegom
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Il s'agit d'un livre d'heures richement décoré datant du second quart du XVe siècle.
Bien que la reliure actuelle ne soit pas la reliure originale, elle date néanmoins du même siècle. Le fermoir de l’ancienne reliure existe encore. Il contient les lettres A et Y. Tout en étant un objet de dévotion privée, un livre d'heures comme celui-ci a aussi une fonction sociale, la décoration indiquant la richesse et la position sociale du possesseur.
La plus grande partie du texte est en latin, mais la partie finale comporte des prières en moyen-néerlandais (folios 172r-182v). Dans le calendrier les noms des mois ont également été ajoutés en moyen-néerlandais (folios 1r-12v). Après le calendrier suivent les heures de la Vierge, les psaumes de la pénitence, les heures de la Croix, du saint Esprit et du saint Sacrement, une messe dédiée à la Vierge, des péricopes de l'Evangile, une série de prières, notamment à la Vierge, et des suffrages adressés à plusieurs saints. Parmi ceux-ci on note la présence de saint Géry, saint Michel et sainte Gudule, ce qui pourrait suggérer une origine ou une provenance bruxelloise.
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La personne, restée anonyme, qui a commandé ce manuscrit était sans doute la dame représentée aux folios 13v et 83v.
Même si le miniaturiste n'atteint pas le niveau des artistes réputés qui travaillaient pour les ducs de Bourgogne, la décoration de ce manuscrit n’est pas sans intérêt. Les visages ont été dessinés d'une façon assez élémentaire, dénués de véritable émotion, et les couleurs sont assez uniformes, sans beaucoup de nuance. Néanmoins, la série est impressionnante, ne fut-ce que par la quantité d’images représentées. Contrairement à la tradition de cette époque, le calendrier n'est pas illustré. Pour les différentes heures de la Vierge, ainsi que pour le début des heures de la Croix, du saint Esprit et du saint Sacrement et pour les suffrages, les miniatures ont été ajoutées sur des feuillets isolées, ce qui explique la structure codicologique complexe de ce manuscrit. Il arrivait souvent à l’époque que les miniatures soient peintes sur des feuillets isolés ajoutés ensuite au codex. Cette pratique correspond aussi à la production en plusieurs phases d'un manuscrit: après que le copiste ait transcrit le texte (à l’encre noire), on ajoutait les titres en rouge (les rubriques), ensuite on complétait la décoration. Celle-ci consiste en deux catégories, à savoir les miniatures (les scènes peintes) et la décoration des initiales et des décorations marginales. Cette décoration dépendait de la structure du texte dans le manuscrit. Les miniatures font partie également de ce système structurel du manuscrit et assurent donc une fonction bien précise. Les Heures van Reynegom offrent un très bel exemple de tout ce procédé, de production d'un livre ainsi que de la relation entre le texte et les images.
Manuscrit sur parchemin, 184 folios, ca 13 x 9 cm (23 cahiers), 1 colonne, 16 lignes écrites; littera gothica textualis; Pays-Bas méridionaux (Bruxelles?), 2e quart du XVe siècle.
Cf. B. Dekeyzer, A.M.W. As-Vijvers, Les heures van Reynegom : "Misere mei deus - Mon Dieu, ayez pitié de moi" : don de la baronne Monique della Faille d'Huysse, à la mémoire de sa mère née, baronne Alix van Reynegom de Buzet (Bruxelles: Fondation Roi Baudouin, 2005) |