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Le noyau initial de la collection de manuscrits conservée
actuellement à la Bibliothèque royale de Belgique est formé par une partie importante de l'ancienne
Librairie des ducs de Bourgogne, bibliothèque considérée, à juste titre, depuis
l'époque médiévale comme l'une des plus prestigieuses du monde occidental.
Commencée sous Philippe le Hardi puis transmise à
ses héritiers, Jean sans Peur et Philippe le Bon, elle comptait
en 1477 à la mort de Charles le Téméraire,
pas moins de 950 volumes. Près de 270 de ces ouvrages sont
encore conservés actuellement au Cabinet des Manuscrits.
La Librairie de Bourgogne passa ensuite, par voie d'héritage,
à Marie de Bourgogne, à Charles Quint, puis à
Philippe II. Celui-ci créa le 12 avril 1559 la Bibliothèque
royale des Pays-Bas, ancêtre direct de l'actuelle Bibliothèque
royale de Belgique.
La suppression en 1773 de l'ordre des jésuites permit un accroissement
notable des collections. Des dizaines de manuscrits rassemblés par la
Compagnie dans nos provinces entrèrent dans les collections de la nouvelle
bibliothèque.
La période de calme et d'expansion fut néanmoins de courte durée. En septembre
1794, les commissaires de la République française enlevèrent une grande partie des
manuscrits "bourguignons" pour les transférer à Paris. Il faudra attendre 1816 et le
Congrès de Vienne pour que ces manuscrits confisqués par la France retournent à
Bruxelles. Certains ouvrages toutefois demeurèrent à Paris, d'autres -qui à
l'origine ne faisaient pas partie de la Bibliothèque de Bourgogne- prirent par
contre le chemin inverse.
Les années suivantes furent moins tourmentées.
D'achats en donations, le Cabinet des Manuscrits vit s'accroître ses
collections. En 1837, l'Etat belge acquit la bibliothèque de Charles Van Hulthem
comptant quelque 1100 manuscrits dont certains essentiels pour l'étude de la
littérature médiévale néerlandaise. De 1839 à 1953, le Cabinet des Manuscrits
put acquérir environ 11.000 volumes: des ouvrages médiévaux, mais aussi des
documents d'archives des XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles et bon nombre de textes
et d'autographes d'écrivains et d'artistes belges. Depuis les années soixante,
les acquisitions se poursuivent régulièrement chaque année, que ce soit dans les
domaines littéraire ou historique.
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