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In memoriam
Renier-Hubert-Ghislain Chalon naquit à Mons, le 4 décembre 1802, au sein d'une famille
honorable de cette ville. L'Université de Louvain lui conféra, en 1824, le diplôme de
docteur en droit, à la suite d'une thèse juridique, qu'il avait soutenu en latin, devant
elle, sur les qualités et les conditions requises pour la célébration du mariage civil.
Il embrassa la carrière des Contributions et fut nommé d'emblée, le 11 juin 1827,
receveur de ces impôts à Cuesmes (Hainaut), pour occuper, finalement, un bureau important
de Bruxelles. Avec son intelligence extraordinaire du service, son instruction étendue et
son dévouement au devoir, il eût pu atteindre les degrés les plus élevés de la hiérarchie
administrative, si l'amour de l'archéologie, vivifié par les ressources scientifiques que
lui offrait une capitale, ne l'avait confiné, dès 1838, dans un faubourg de Bruxelles,
puis dans la ville même. Après avoir joui d'une mise en disponibilité de dix-sept mois,
il prit sa retraite le 11 décembre 1867.
Son goût des monnaies et des médailles se détermine de bonne heure; mais ce n'est qu'en
1836 qu'il se met à écrire sur cette branche.
La Revue de la numismatique française et le Messager des sciences et des arts de Gand
reçoivent ses débuts en 1836 et 1837; ses premiers pas sont dirigés par Etienne Cartier,
le fondateur de la Revue française, un des numismates les plus éminents de l'époque.
Modeste et timide, il ne se hasarde à publier ses Observations et notes sur les recherches
historiques de M. Cartier, sur la monnaie au type du cavalier armé, qu'à la demande expresse
de ce vrai savant, qu'il appelle son "maître" et qui reste son ami. Il signe l'article, avec
la qualité de président de la Société des Bibliophiles de Mons.
Un peu plus tard, il aide à fonder la Société belge de numismatique qui est définitivement
constituée à Bruxelles, le 28 novembre 1841; le premier, il en devient le président et sera
réelu, comme tel, chaque année, jusqu'au jour où il sentira que l'heure de sa nouvelle
retraite a sonné.
Il se lie d'amitié avec l'illustre exilé Joachim Lelewel, président d'honneur de la jeune
Société belge, de Koehne, C.-P. Serrure, Ch. Piot, Th. De Jonghe, bibliophile judicieux, et
d'autres numismates distingués, dont les lumières, les conseils ou le sens pratique lui sont
précieux.
Il prépare, presqu'en même temps, ses deux monographies sur la numismatique des comtes
de Hainaut et de Namur.
C'est lui qui, dès l'origine, ouvre la Revue belge, en y insérant son Catalogue des monnaies
des comtes de Hainaut; il ne s'agit encore que d'un simple appel aux possesseurs de semblables
monnaies, d'un travail préliminaire à ses Recherches, qu'il entreprend pour satisfaire au désir
de la Société, qui dans la réunion générale du 9 août 1846, a confié quelques-uns de ses membres
les monographies monétaires des provinces belges.
Sa tâche est ardue, on ne répond pas d'abord à son pressant appel. Il a réclamé en vain les
comptes des monnaies à différents dépôts publics; c'est seulement à l'aide des monnaies
elles-même, de divers ouvrages imprimés et d'un certain nombre de chartes, qu'il essaie
de remplir, plus ou moins, le cadre qu'il s'est tracé. Il ne recule devant aucun effort
pour rendre aussi complètes que possibles ses Recherches sur les monnaies des comtes de
Hainaut, avec leurs trois suppléments (1848-1852-1854-1857). Il produit ainsi, précédé
d'une introduction remarquable, un travail important, que la science reçoit avec d'autant
plus de faveur que l'ouvrage forme la première monographie de ce genre en Belgique.
Au concours de 1851, l'Institut de France (Académie des inscriptions) lui décerne la
mention très honorable.
Ici, comme ailleurs, on eût voulu rencontrer peut-être un peu plus l'esprit de critique;
mais très circonspect, l'auteur a adopté, en numismatique, la prudente maxime : "dans le
doute, abstiens- toi," in dubiis abstine, maxime qu'il mettra rarement en oubli.
Il a déjà écrit quelques pages intéressantes sur les Monnaies de l'abesse de Nivelles
(1845), et d'autres Recherches sur les monnaies de Wallincourt, en Cambrésis ( 1847).
Mieux servi que précedemment pour les matériaux et les informations, aidé surtout par les
"notes que lui abandonne généreusement M. Charles Piot, " il publie (1860, suppl. 1870)
son oeuvre capitale, l'excellente monographie connue sous le titre de Recherches sur les
monnaies des comtes de Namur.
Il l'a composée sur le plan suivi pour ses monographies en général : elle présente une
notice historique succincte pour chaque règne, l'analyse des documents et la nomenclature
raisonnée des pièces existantes. Elle n'est pas entièrement achevée qu'il met au jour ses
bonnes Recherches sur les seigneurs de Florennes, leurs sceaux et leurs monnaies (1868).
Ses monographies renseignent aussi sur le titre, le poids, la valeur et le diamètre des
monnaies, et sur les changements survenus dans les systèmes monetaires.
Quand au prix des pièces, il en laisse naturellement la fixation au commerce, à la
condition que le coût soit modéré.
Ses Recherches se distinguent par la sobriété, la simplicité, la clarté, l'ordre et la méthode.
Il applique avec succès ses notions du régime féodal et des fiefs, pour remonter
au droit originaire de monnayage ou à l'usurpation de ce droit.
L'Académie Royale des lettres, des sciences et des beaux-arts de Belgique admet parmi
ses Mémoires les Recherches sur les monnaies des comtes de Namur et sur les seigneurs de
Florennes, et les fait imprimer à ses frais.
Se l'étant associé comme correspondant le 6 mai 1851, elle le reçoit au nombre de ses membres
effectifs le 4 mai 1859. Elu président de l'Académie d'archéologie de Belgique, il prononce,
le 11 janvier 1874, un discours sur l'art architectural. Nommé directeur de la classe des
lettres à l'Académie royale, pour 1874, il prononce, à la scéance publique du 6 mai, un autre
discours, plein d'intérêt, sur l'utilité des monnaies et des médailles dans leur rapport avec
l'histoire; il y parle, entre autres, des médailles satiriques et des anachronismes reprochés
à la numismatique. Le 28 juin de la même année, il fait, à l'Académie d'archéologie, un
nouveau discours, oeuvre brillante où la consision est unie à une élégante simplicité; cette
fois, il traite des généalogies.
Aux ouvertures des scéances numismatiques, il lit des notices ou des discours instructifs,
toujours écoutés avec une attention soutenue et chaleureusement applaudis.
Il montre un goût marqué pour les monnaies des petites seigneuries. Il s'occupe notament
des pièces seigneuriales de Gronsveld, Reckheim, Bouillon, Wesemael, Agimont etc.
Il signale, probablement le premier, le prix qui s'attache aux plus anciens jetons des
receveurs de Bruxelles et fournit plusieurs notices sur ce sujet.
Encouragé par un héraldiste émérite, il aborde un instant les jetons de mariage.
Sous le titre de Curiosités (ou Singularités) numismatiques, il produit, de 1860 à
1877, vingt-trois articles qui, dans leur ensemble, embrassent les monnaies du moyen-âge,
les monnaies modernes, les médailles, les jetons, les méreaux, rares et inédits de toute
sorte; il ne s'arrête que lorsque, rebuté par l'impuissance de ses appels réitérés aux
possesseurs de pièces, il voit à regret les matériaux lui manquer.
A ces articles, qu'il livre à la revue belge, sans prétention, sans autre but que de
faire connaître les pièces à mesure de leur communication et d'en provoquer l'étude,
ainsi qu'aux Mélanges, sortis si innombrables de sa plume facile et féconde, il apporte
les fruits d'une mémoire étonnante et les enseignements d'un habile esprit d'observation,
d'une expérience longue et attentive, d'une vaste érudition et des connaissances les plus
variées. Il sait allier le plaisant au sérieux, et le côté moral, qui se dégage de ces
écrits, n'échappera à personne.
Il se plaint avec amertune des propriétaires à idées étroites, qui serrent jalousement
dans leur tiroirs, comme des trésors incomparables, des rareté ou de prétendue raretés
numismatiques, plutôt que d'en permettre la publication ou d'en consentir seulement à
l'exhibition aux connaisseurs.
Il découvre et signale, à chaque pas, les inconvénients, les faiblesses, les défauts,
les travers, les fautes, les dangers, les connivences, les fraudes et les supercheries
qui affectent le numismate et sa science.
Mettant en garde contre les déceptions inattendues et souvent désagréables, il proscrit,
dans les attributions et explications de pièces, les conjonctures hasardées, trop
ingénieuses, romanesques ou imaginaires. Il accentue son invincible antipathie pour la
prétention de vouloir tout déchiffrer, afin de paraître savant quand même, entre deux
solutions proposées, il n'hésite pas à choisir la plus naturelle, la plus simple. Il
passe, du reste, aisément sur les erreurs, pourvu que le pécheur les reconnaisse avec
franchise, errare humanum; il insiste sur le danger d'une erreur qui se perpétue sous
l'influence séduisante d'un grand nom.
Il entend qu'on soit précis dans la terminologie numismatique; qu'on ne confonde pas la
pièce d'épaisseur double, triple, etc., avec le pied-fort, la légende avec l'inscription,
etc.; qu'on rejette comme impropre le mot avers pour désigner le côté principal, le droit,
la face d'une monnaie.
Il revendique le libre examen en numismatique, le contrôle indépendant et réagit contre le
principe d'autorité qui veut s'imposer.
Il constate la multiplicité toujours croissante d'ouvrages abandonnés au milieu de leur
publication et s'en trouve vivement contrarié.
Faisant la guerre aux fausses monnaies, surtout à celles de l'antiquité, il dénonce Becker;
que les amateurs, se récrie-t-il, ne se laissent pas "empoisonner" par les produits de cet
habile graveur. Il fixe l'attention sur les trompeuses refrappes modernes de médailles.
Il proteste contre les mystères dont la spéculation entoute les trouvailles de monnaies, et
s'indigne contre les ventes publiques qui ont lieu de pièces en masse, au profit du brocantage
ou d'un trafic déplorable, mais au préjudice du vendeur, de l'honnête savant à ressources
modestes et de la véritable science.
Il condamne, dans les inventaires, les attributions erronées, faites sciemment pour allécher
et égarer les amateurs trop confiants.
Il vante les catalogues détaillés, ceux de l'Allemagne et de la paisible Hollande, par
exemple; il accepte avec bonheur les catalogues raisonnés venu de France.
Il ne voit pas de bon oeil que les jésuites, oublieux de l'humilité, battent des monnaies d'or,
à l'égal des princes de l'empire, ni que les "frères de la truelle" (selon son appellation)
forgent des ducats d'or et se donnent, à huis-clos, avec des titres superbes, des médailles
ou des jetons, et des décorations, des croix, des cordons et des plaques comme de vieux
maréchaux de France : les sociétés secrètes n'ont pas d'attrait pour lui. Néanmoins, il
tolère la frappe de jetons au nom de l'Ordre des Agathopèdes, dont il est un membre fort
zélé et dont il a été, dit-on, le trésorier.
Les décorations publiques ne l'offusquent point (elles offrent une série aux médailliers).
Seulement il a un scrupule : il se demande, à diverses reprises, si les communes en créant
sous une forme officielle des insignes honorifiques pour leur administrés, n'excèdent pas,
à défaut de loi formelle, les limites du droit strict.
Il revient volontiers sur l'utilité de la numismatique. Dans l'intérêt de l'accroissement
du nombre des collectionneurs et de la moralité, il préconise l'institution de cours de
numismatique dans les collèges de jésuites, où se trouvent la plupart des jeunes gens
riches, des jeunes gens destinés à ne rien faire; certains d'entre eux, espère-t-il,
emploieraient ainsi plus tard, à acheter et à réunir des médailles, une partie de
l'argent qu'ils auraient dépensés à faire courir les chevaux, à entrenir des actrices, etc.
Né Wallon et parfait citoyen, il n'encourage pas le "mouvement flamand" qui, après
l'idée d'annexion, semble, en quelque sorte, le gêner le plus. Il le mêle à la numismatique,
en saisissant l'occasion d'observer que ce mouvement n'est pas né d'hier, comme l'attestent
des jetons à légende flamande de la fin du XVe siècle.
Apparemment, il aura ouï répéter une plainte d'abonné contre la publication trop fréquente
de pièces contemporaines; sans s'en émouvoir, il écrit : "Ce n'est pas comme le vulgaire
se l'imagine, l'âge d'une pièce, sa haute antiquité qui font sa valeur auprès des initiés.
C'est bien plutôt sa rareté, sa singularité, le fait quelle rappelle et quelle constate.
Or beaucoup de pièces modernes sont plus rares et plus curieuses que maintes monnaies
antiques. En publiant des pièces modernes et même très modernes, nous ne croyons pas
déroger à la gravité ni à la dignité de la numismatique. Nous ne sentons aucunement le
besoin de réclamer pour cela l'indulgence des lecteurs dans une humble préface." D'ailleurs,
comment pourrait-il plaire à tout le monde, contenter tous les goûts, toutes les exigences?
"L'un veut du grec, l'autre du romain, celui-ci du moyen-âge exclusivement flamand,
celui-là ne sort pas de ces monnaies brabançonnes, à l'autre, il ne faut que des
médailles Van Loon, à quelques uns des jetons, rien que des jetons. Bref, ce
qu'on demande, c'est tout simplement une Revue spéciale pour chacuns des abonnés."
Il porte cependant haut l'excellence des monnaies grecques et romaines, non seulement
comme monuments historiques, mais encore et surtout comme des échantillons superbes de
l'art plastique de la plus belle époque. Mais il leur donne peu d'espace dans ses propres
écrits, trop imbu du sentiment que la Belgique est mal placée pour ajouter à ce qui a été
déjà publié sur la matière.
Il n'accorde guère d'affection aux méreaux ni aux anciennes enseignes de pélerinages,
formés, généralement d'un vil métal; par moments, lorsque le sentiment exclusif du beau
l'entraîne, il est même trop sévère pour ces modestes marques, et il oublie qu'elles
rendent des services réels à l'histoire des mœurs et des traditions domestiques,
populaires et religieuses.
Il veut la variété dans les revers des médailles d'art : que ce ne soit pas toujours
des tableaux dramatisés, des allégories à personnages, que la robuste femme de Rubens
n'y apparaisse pas outre mesure, que tantôt on y mette de splendides monuments
commémoratifs, tantôt des armoiries gracieusement entourées ou d'autres sujets
artistiques élégants.
Sans cesse avide de s'instruire, il fait des investigations et communique ses
études sur la fabrication de la presse à vis ou balancier (1843), et les divers
modes de fabrication de monnaies et de médailles, employés dans l'antiquité et
dans les temps modernes; un discours remarquable, prononcé en scéance générale
de la Société numismatique, le 6 juillet 1873, porte entièrement sur ces procédés.
Il offre également ses utiles Recherches sur la valeur intrinsèque du florin de
Brabant depuis le milieu du XVe siècle jusqu'en 1794 (1871).
C'est grâce à ses relations cordiales avec un spécialiste distingué, qu'il introduit
dans la Revue la numismatique orientale; il se décide même à apprendre l'arabe et à
recueillir une bonne quantité de monuments de cette curieuse numismatique.
Sa dernière notice est relative aux monnaies himyaritiques (1881); elle est
précédée de la Numismatique de Waterloo (1878), ou plutôt d'un catalogue préparatoire
à ce travail, qui n'a pu être poursuivi.
Partisan très réservé des biographies étendues, il se contente de laisser lire
dans la Revue de courtes notices nécrologiques; mais ces notices sont fréquentes.
Sauf peut-être vers la fin de ses jours, il est d'habitude, sobre de louanges, dans
ses appréciations orales et écrites des travaux d'autrui.
Il n'était pas grand voyageur. La science même ne l'attirait pas hors de son pays; il ne
visita pas la capitale de la France. Il possédait, il est vrai, une riche et grande
bibliothèque, et la voulait, en numismatique, aussi complète que possible.
Il serait sans dout difficile d'établir le nombre des articles tirés à part qu'il a
produits; on se rapproche pourtant de la vérité, en affirmant que ce nombre
doit dépasser le chiffre de cent cinquante.
Presque partout se dévoile l'écrivain humoriste, son caractère fait d'originalité et de gaieté.
Les confrères voisins, les amis même de Renier Chalon lui repprochaient, par intervalles,
ses allusions trop incisives, ses traits trop acérés, ses mots "trop piquants". Ce n'était
pas sans raison; mais il était, on le sait, un des plus fervents apôtres de la plaisanterie,
qu'il poussa un jour jusqu'au délire. Qui, en effet, n'a pas entendu parler du Catalogue de
la bibliothèque du comte de Fortsas, cette suprême facetie de 1840, qui eut tant de
retentissement et où le bibliophile consommé étala son immense érudition? Nous en
parlons à cause de la célébrité qui s'attache à une oeuvre sans pareille, et surtout
parce que le dernier numéro est un ouvrage imaginaire du savant collectionneur brugeois
Vredius sur la branche de la numismatique 1.
L'auteur faillit payer cher une mystification aussi hyperbolique; mais il était né
sous une heureuse étoile et la crainte de l'aggravation du ridicule le sauva d'une action
en dommage.
Peu de temps après, c'était en 1843, la mémoire de l'évènement lui fit prendre pour
pseudonyme "le comte de Fortsas", au bas d'une épître précieuse sur les trouvailles de
monnaies du moyen-âge, adressée en vers alexandrins, à son savant ami le numismate Louis
De Coster; l'épître fut tirée à quinze exemplaires numérotés.
De plus, il existe une médaille-décoration, munie d'un encadrement, frappée et dorée,
diplôme décerné par une joyeuse société étrangère, dite Faculté des abrutis, à "M.
Le comte de Fortsas", dont le nom est ainsi gravé au burin; la médaille porte la date
du 15 juin 1876.
C'est à la faveur d'une humeur toujours heureuse que, pendant sa longue carrière
présidentielle, Chalon sut maintenir l'union parmi les membres de la Société de numismatique,
et qu'il parvint à vaincre les susceptibilités et les conflits.
La Société et sa Revue étaient l'objet de sa plus constante sollicitude. Combien
de fois il disait : "Si la Revue n'allait pas paraître à l'heure, si l'imprimeur,
arrêté par des travaux officiels, allait se trouver en retard, si la matière
allait venir à manquer?" La Société était son enfant le plus tendre : sans cesse
il veillait sur elle, en vue de lui assurer une vie prospère et durable. Il ne
voulait encore qu'on parlât d'elle dans les résumés des publications similaires;
un silence égoïste le chagrinait, et il contait sa peine.
Il ne lui fallait pas d'avantage pour se concilier les sympathies générales de la Société.
En 1886, malgré les vives instances de ses confrères, il quitta la présidence; il
sentait que l'affaiblissement de sa vue et le poid de l'âge lui commandaient le repos.
Le 5 juillet précédent, il avait été acclamé président d'honneur à vie.
Les Mélanges, composés pendant plusieurs années, pour ainsi dire par lui seul, avec une
activité et une facilité sans rivales, cessèrent de recevoir sa collaboration, à la
fin de 1885.
Beaucoup de médailles ou jetons ont été emis en son honneur et plusieurs à son effigie.
Il souriait à l'apparition inoffensive d'un jeton satirique à son adresse. Il avait,
du reste, dans sa jeunesse et plus tard, moulé, battu, ou fait frapper sous son inspiration
des jetons ou des médailles de l'espèce, des monnaies fictives ou pièces de plaisir et de fantaisie.
Aussi sa collection renferme-t-elle une grande quantité de pièces rares ou unique, et
autres de la dernière catégorie, spécialité qu'il affectionnait tout particulièrement.
A part une belle suite de monnaies de Namur, dont il ne garda qu'une partie, et la riche
collection des monnaies du Hainaut, qu'il céda autrefois à l'État, dans un but de conservation,
il ne tint pas de suite régulière, mais recueillait pèle-mèle un grand nombre de monnaies,
médailles et jetons de toute sorte, notamment des monnaies étrangères à l'Europe.
Renier Chalon expira presque sans maladie, le 23 février 1889, entouré de sa famille,
qu'il aimait et dont il était aimé.
Le Roi des Belges avait hautement reconnu le mérite du numismate, en le nommant
successivement chevalier, officier et commandeur de l'Ordre de Léopold.
Rendons ici, avec la Société royale de numismatique tout entière, un tribut de
profonde gratitude à l'homme éminent, qui par des services signalés, a su lui
conquérir une place si honorable dans le monde de la science. Que le nom de
Renier Chalon soit à jamais inscrit dans les Annales de la Société, comme dans
nos meilleurs souvenirs !
A. De Schodt dans Revue belge de numismatique, 45, 1889, p. 452-464.
1.
"222. Traicté des monnoyes des comtes de Flandre,
où il est amplement parlé de la fabricque de la monnoye et de la
valeur d'icelle, etc., par Olivier de Wrée, Brugeois, lic. Es loix.
A bruge en Flandre, chez Jean Baptiste et Lucas Van den Kerchove, rue
Haute, à la Bible, 1640, in-4° de 66 ff. Et 12 pl. rel. en vél.
bl. ancien." Le catalogue a été réimprimé
trois fois, mais une fois seulement avec l'autorisation de l'auteur.
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