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In memoriam
Le 20 avril 1943, est décédé à Ixelles, Charles
Lefébure, membre de notre Société depuis le 6 mars
1938, après avoir été correspondant régnicole
depuis le 6 mars 1927.
Charles Lefébure était né à Bruxelles le 27 mai 1862. Après de bonnes études moyennes, il
entra au Cabinet des Médailles de la Bibliothèque royale de Belgique que dirigeait alors
Camille Picqué. Doué comme son chef d'un caractère très personnel, il ne put s'entendre avec
ce dernier; au bout d'un an il quitta la Bibliothèque pour entreprendre des études d'ingénieur.
Mais ce passage par le Cabinet des Médailles lui laissa un amour latent pour la numismatique
qu'il conserva jusqu'à la fin de ses jours.
Son diplôme d'ingénieur conquis, il entra à la Société Solvay où il devint rapidement un
des collaborateurs les plus intimes d'Ernest Solvay qu'il accompagnait dans tous ses déplacements.
C'est ainsi par exemple qu'il devint par nécessité un excellent alpiniste, qualité qui lui valut
plus d'une fois l'honneur d'accompagner le roi Albert dans la montagne. D'autre part il fut
associé à toutes les réalisations d'Ernest Solvay, à la création des Instituts, à l'organisation
des Congrès internationaux de chimie, etc.
Au milieu de ces multiples occupations, Ch. Lefébure ne perdait jamais de vue la numismatique;
il adorait de découvrir chez les uns et les autres quelque pièce rare ou peu connue, quelque monnaie
énigmatique qu'il était toujours pressé de se faire expliquer. Il n'avait pas oublié le Cabinet des
Médailles et offrait ou faisait offrir à celui-ci les monnaies qu'il avait dénichées et qui faisait
défaut dans les collections.
La guerre de 1914-1918 attisa son zèle pour la numismatique. Il entreprit de recueillir tous les
insignes et médailles qui virent le jour en ce moment; passant régulièrement chez les fabricants,
il nota la date de fabrication de chaque pièce, se fit même frapper des exemplaires uniques de
l'une ou de l'autre et inspira aux graveurs plus d'une de leurs productions. Il se constitua de
la sorte une collection unique qu'il publia en 1923 sous le titre: Exposé succinct et
chronologique de la frappe patriotique, de nécessité, de bienfaisance et commémorative en
Belgique occupée. Bruxelles, Van Oest, XXVIII + 334 pp. in 4° et 163 pl., ouvrage dans lequel
il concentra tous les renseignements recueillis. Malheureusement Ch. Lefébure était en matière de
numismatique, dépourvu du don de patience qu'il est nécessaire de posséder pour se livrer à ces
travaux méticuleux, de sorte qu'un certain nombre d'erreurs et de confusions lui ont échappé
quand il a corrigé ses épreuves. Une fois son travail terminé, il a fait don de la collection
tout entière au Cabinet des Médailles où elle est conservée aujourd'hui.
Sous des dehors brusques et un peu cassants, Ch. Lefébure cachait un coeur d'or. Jusque dans sa
vieillesse il ne cessa de développer une grande activité et de s'intéresser à des questions
artistiques. Au cours de ses voyages en Suisse, il avait découvert des fresques anciennes et
intéressantes qu'il ne cessa d'étudier. Resté droit et alerte, on le voyait, une serviette sous
le bras, parcourir infatigablement les rues de la ville à la recherche de la personne qui
pourrait lui donner le renseignement dont il avait besoin.
Nous conserverons de lui le meilleur souvenir.
V. Tourneur dans Revue belge de numismatique, 1940-46, p. 167-168.
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Le don Ch. Lefébure au Cabinet des Médailles.
M. Ch. Lefébure vient de faire don au Cabinet des Médailles de la Bibliothèque royale de
la très riche collection de pièces frappées en Belgique pendant la guerre, qu'il avait formée
au prix d'un travail acharné, depuis le commencement des hostilités.
L'ensemble comporte entre 6 et 7.000 pièces. Ce qui en fait la richesse incomparable,
c'est d'abord qu'il comprend tout ce qui est sorti des ateliers belges; c'est, ensuite,
que chaque type est représenté par des frappes en toute une série de métaux, y compris fréquemment l'or.
M. Ch. Lefébure n'a pas voulu que son oeuvre risquât d'être dispersée. Elle occupera au Cabinet
des Médailles une place d'honneur, tout en y conservant le souvenir d'un patriote qui fut mêlé à
bien des événements racontés par médailles et plaquettes, et d'un collectionneur aussi avisé que
généreux envers l'Etat.
V. Tourneur dans Revue belge de Numismatique, 76, 1924, p. 101.
M. Charles Lefébure, qui, il y a quelques années, avait enrichi le médaillier de l'Etat
de la précieuse collection formée par ses soins de médailles frappées en Belgique pendant
la période 1914-1923, lui a offert six cent quarante-sept insignes patriotiques ainsi que
neuf poids de marchandises dont on fit usage pour remplacer les poids en cuivres saisis par l'occupant.
Grâce à la générosité de M. Lefébure, le Cabinet possède désormais un ensemble imposant de
souvenirs numismatiques, dont un grand nombre sont des pièces uniques, de la Grande Guerre.
M. Hoc dans Revue belge de Numismatique, 85, 1933, p. 172.
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