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LE CABINET DES MEDAILLES
Jacqueline Lallemand
 
 

 

           Le Cabinet des Médailles a pour origine la création, par arrêté royal du 8 août 1835, d'un "Musée d'armes anciennes, d'armures, d'objets d'art et de numismatique". L'État belge ne possédait d'ailleurs, à cette époque, ni monnaies ni médailles mais un crédit fut consacré à l'achat de "deux collections de médailles" tandis que le graveur de la monnaie, Joseph-P. Braemt était chargé d'acquérir des pièces à diverses ventes publiques. Braemt acheta 3.570 pièces et les remit en 1840 à la Bibliothèque Royale à laquelle la "collection des médailles appartenant à l'État" avait été rattachée par arrêté royal du 2 août 1838. En 1843, la collection de la ville de Bruxelles qui comprenait 2.740 monnaies, médailles, jetons et méreaux fut achetée par l'État. Joachim Lelewel avait, en 1842, rédigé à la demande du baron de Reiffenberg un excellent catalogue de cette collection, catalogue manuscrit que le Cabinet des Médailles conserve précieusement.

           Les collections numismatiques étaient rattachées à la première section de la Bibliothèque royale, celle des imprimés, mais l'archiviste Charles Piot fut chargé de décrire les pièces puis d'administrer le médaillier. A partir de 1851, le Cabinet des médailles fut ouvert au public et, en 1875, il devint une section spéciale de la Bibliothèque royale avec, comme conservateur, Camille Picqué qui avait succédé, en 1870, dans ses fonctions, à Piot démissionnaire.

           Le premier but de ceux qui devaient bâtir les collections de l'État belge fut, évidemment, de constituer des séries importantes de monnaies et de médailles des anciens Pays-Bas. L'achat successif de plusieurs collections privées très spécialisées, fit progresser assez rapidement ces séries. La collection De Coster de monnaies carolingiennes fut acquise en 1862, suivie, en 1865, de la série de monnaies brabançonnes du même amateur et en 1868, des monnaies du Hainaut réunies par Renier Chalon, tandis que Chestret de Haneffe vendit, au Cabinet des Médailles, de 1883 à 1892, plus de cent pièces de sa riche collection de monnaies liégeoises. L'achat en 1893, de la collection Maurice de Robiano, plus éclectique que les précédentes mais aussi plus riche en pièces rares vint compléter heureusement les collections de monnaies des Pays-Bas qui commençaient à prendre de l'importance. La collection Robiano comprenait, en outre, des monnaies allemandes, françaises et italiennes, un bel ensemble de matrices, de sceaux, des décorations et des insignes de la Révolution brabançonne.

           L'achat, en 1865, de la collection Geelhand de médailles des Pays-Bas, des jetons du même collectionneur en 1887, et celui de la série de jetons bruxellois de Van den Broeck en 1897 forma la base des collections dans ce domaine.

           Camille Picqué, très porté par son goût personnel à apprécier la valeur esthétique des monnaies et des médailles, s'efforça d'acquérir, pour le Cabinet des Médailles, les monnaies grecques et romaines et les médailles de la Renaissance italienne dont il était à peu près totalement dépourvu, lors de son entrée en fonction. En 1870, il acheta 500 monnaies grecques, pour la plupart d'Italie et de Sicile et en 1891, une trentaine de pièces d'or à l'éffigie des principaux empereurs romains, tandis qu'en 1876, il avait ramené d'un voyage en Italie un bel ensemble de médailles de la Renaissance.

           De 1889 datent à la fois l'achat le plus remarquable et le don le plus précieux qui enrichirent jamais le cabinet des Médailles: la collection Albéric du Chastel et la collection Lucien de Hirsch.

           Un crédit spécial de 300.000 francs fut voté par les Chambres en 1899 pour acquérir 761 pièces de la collection A. du Chastel, tandis que le Cabinet des Médailles acheta encore au même collectionneur, en 1902 et en 1906, 64 pièces grecques et romaines. Cet ensemble de monnaies antiques comprend quelques raretés de premier ordre comme le superbe tétradrachme de Naxos, l'auréus d'Uranius Antonin, le double sou d'or de Fausta, femme de Constantin le Grand et les quadruples sous d'or de Constantin II et de Valentinien Ier. Il se caractérise, en outre, par l'état de conservation exceptionnel de toutes ses pièces et par sa richesse en monnaies de Syracuse, tétradrachmes et décadrachmes en argent, qu'Albéric du Chastel avait collectionnés avec prédilection.

           La collection Lucien de Hirsch, léguée à l'État belge par la mère du collectionneur, qui mourut en 1899, entra à la Bibliothèque royale en 1900. Elle est célèbre, avant tout, par le tétradrachme d'Etna, seul exemplaire conservé de cette très belle monnaie, frappée à Catane par Hiéron de Syracuse (476-461 av. J.-C.) qui avait nommé la ville Etna après l'avoir conquise. La collection L. de Hirsch contient d'ailleurs d'autres pièces rarissimes comme le tétradrachme de Zancle, mais la monnaie d'Etna n'en mérite pas moins son exceptionnelle notoriété puisqu'elle est en outre, l'œuvre d'un très grand artiste, resté anonyme, et que son état de conservation, absolument parfait, ne le cède en rien à sa beauté et à sa rareté. Les 1.877 monnaies grecques qui forment la collection L. de Hirsch sont, elles aussi, des exemplaires choisis pour leur qualité exceptionnelle. Le legs de Hirsch comprenait, outre les monnaies grecques et la bibliothèque de Lucien de Hirsch, sa collection d'antiquités et de vases grecs qui forment un ensemble de belle qualité.

           Les collections L. de Hirsch et A. du Chastel avaient été formées, tout comme la collection de monnaies antiques, encore bien modeste de l'État, suivant les tendances et les goûts du XIXe siècle: collectionneurs privés et musées recherchaient avant tout la pièce rare, parfaitement conservée et esthétiquement belle, c'est-à-dire conforme au goût classique. L'acquisition de ces deux collections, tout en dotant le Cabinet des Médailles de raretés qu'il n'aurait jamais pu acquérir par ses propres moyens, renforçait donc ses caractéristiques: prédominance de l'or et de l'argent sur le bronze, rarement aussi bien conservé, prédominance de l'art classique, Sicile et Italie chez les Grecs, Haut-Empire chez les Romains, sur l'art archaïque ou, au contraire, "décadent". Cette influence se marque encore aujourd'hui puisque la collection de monnaies grecques d'Italie et de Sicile du Cabinet des Médailles de Bruxelles constitue l'une des plus importantes collections de ces séries alors que, pour la plupart des autres régions du monde grec, elle reste très modeste.

           Frédéric Alvin qui succéda en 1902 à Camille Picqué s'efforça de combler les lacunes des collections existantes et, notamment, des collections de monnaies antiques par des achats réguliers de pièces en bronze grecs et de pièces communes de toutes les séries. En 1907 et en 1908, il acheta une collection de 1.255 monnaies alexandrines, pièces aux types et aux légendes grecs émises à l'époque romaine. Giovanni Dattari, l'érudit collectionneur italien qui habitait en Égypte fit au congrès international de numismatique tenu à Bruxelles en 1910, une communication sur le poids des monnaies romaines en bronze au début du IVe siècle et il donna au Cabinet des Médailles le matériel qu'il avait apporté pour illustrer sa conférence: 5.200 pièces d'une conservation impeccable datant, pour la plupart, des années 280 à 340 environ et provenant, en majeure partie, de l'atelier d'Alexandrie et de celui d'Antioche.

           Le Cabinet des Médailles doit également à certains donateurs de posséder des collections relativement importantes de pièces qui n'entrent pas dans le cadre de sa politique d'acquisition traditionnelle. Dès 1875, Julien Adrian, consul de Belgique à Nagasaki, avait donné au Cabinet des Médailles 448 monnaies chinoises. Cette petite collection fut complétée, en 1905, par le don Eugène Slosse qui comptait 213 pièces et, en 1908, par celui du gouvernement chinois qui comprenait 170 monnaies. De même, en 1902, Charles Van Schoor légua à la Bibliothèque royale sa collection de 1.530 monnaies et de 1.200 médailles papales. La collection de monnaies très complète, comprend de nombreuses raretés; en ce qui concerne les médailles, l'ensemble est également bien fourni, malheureusement, les pièces les plus anciennes en sont absentes.

           En 1904, un don important vint enrichir la collection de médailles et de jetons des Pays-Bas. La collection Surmont de Volsberghe offerte à cette date au Cabinet des Médailles comprenait plusieurs centaines de monnaies et de décorations, un millier de médailles contemporaines mais aussi également plus de 500 médailles anciennes et 1.064 jetons. La collection de médailles comptait notamment la plupart des oeuvres de Théodore Van Berckel, le principal graveur belge du XVIIIe siècle, auteur des célèbres monnaies de la Révolution brabançonne et de très nombreuses médailles à portraits.

           De 1914 à 1954, le Cabinet des Médailles ne disposa, en général, que d'un budget fort insuffisant. Les conservateurs qui l'administrèrent pendant cette période, Victor Tourneur à partir de 1914, et Monsieur Marcel Hoc qui lui succéda en 1929, furent contraints de limiter leur effort à l'essentiel, c'est-à-dire à l'acquisition de monnaies et de médailles des Pays-Bas. Spécialistes, l'un et l'autre, de ces séries, ils parvinrent néanmoins, à acquérir nombre de pièces remarquables. Pour les médailles notamment, la collection s'enrichit de plusieurs modèles de médailles anciennes, pièces uniques sculptées en relief par l'artiste et sur lesquelles était pris le moule qui servait à couler les médailles. Les plus intéressantes parmi ces acquisitions sont, en 1921, la cire colorée et posée sur un support en ardoise qui représente Jean Célosse; en 1942, le modèle en bois de la médaille à l'effigie de Nicolas de Busleyden, œuvre de Jean Second, et en 1953, le superbe ivoire au buste de Charles Quint, dont le Cabinet de Vienne possède la médaille en plomb. L'acquisition la plus importante de cette période date de 1924: la Fondation universitaire et le Cabinet des Médailles achetèrent chacun la moitié de la collection Baudouin de Jonghe, la collection de la Fondation universitaire étant déposée au Cabinet des Médailles. La collection de Jonghe comprenait plus de 6.000 monnaies appartenant aux séries gauloise, mérovingienne, carolingienne et à toutes les principautés et seigneuries des Pays-Bas. La Fondation universitaire devait d'ailleurs donner au Cabinet des Médailles, en 1960, les pièces qu'elle y avait déposée en 1924, si bien que ce superbe ensemble est aujourd'hui intégré en entier à la collection de l'État. La possession de la collection de Jonghe assure au Cabinet des Médailles une place satisfaisante parmi les collections de monnaies gauloises, mérovingiennes et carolingiennes. Pour les Pays-Bas elle lui apporte quantité de pièces rares et complète heureusement la série des monnaies seigneuriales de l'État.

           La collection de monnaies des Pays-Bas devait encore s'accroître, par le legs Edouard Bernays. Ce collectionneur érudit qui rédigea, en collaboration avec Jules Vannérus, l'Histoire monétaire du duché de Luxembourg, avait rassemblé un ensemble très complet de monnaies du duché de Luxembourg et du comté de Namur. Dès 1922, il avait légué ses collections au Cabinet des Médailles, qui en prit possession à la mort d'Edouard Bernays, en 1940.

           La découverte, en 1922, de l'important trésor romain de Beaurains lez Arras, enfoui en 313, permit au Cabinet des Médailles d'acquérir, l'année suivante, 18 pièces d'or de la fin du IIIe et du début du IVe siècle. Ce petit ensemble comprend plusieurs pièces uniques, mais son intérêt réside aussi dans le fait que le trésor, dispersé dès sa découverte, n'a pas encore été étudié de façon complète, si bien que le lot de pièces que nous conservons pourra servir à reconstituer ce document.

           Après la seconde guerre mondiale, le Cabinet des Médailles commença, de même que les institutions similaires d'autres pays, à s'adapter à l'évolution actuelle de la numismatique. En effet, à mesure que la numismatique se développe comme science auxiliaire de l'histoire, les Cabinets des Médailles nationaux deviennent, outre de simples conservatoires de pièces rares ou belles, des centres équipés pour mettre tous les documents numismatiques à la disposition des chercheurs.

           Cette orientation nouvelle fut donnée au Cabinet des Médailles de Bruxelles par Monsieur Paul Naster, bibliothécaire puis conservateur adjoint au Cabinet des Médailles de 1941 à 1953. En pratique, elle suppose la publication après étude approfondie de toutes les trouvailles de monnaies faites dans le pays et, du point de vue des collections, l'acquisition de séries toujours plus complètes qui permettent à tout chercheur de commencer son travail par un contact direct et prolongé avec les monnaies qui l'intéressent. Les trouvailles monétaires éveillaient, certes, depuis longtemps, un certain intérêt chez les numismates mais, autrefois, chaque trouvaille n'était pas considérée comme formant par elles-mêmes, un document historique: les notices anciennes publient en détail les pièces rares ou inédites que contenait la trouvaille mais se contentent d'une simple mention pour les pièces les plus courantes ou, au mieux, fournissent une liste sommaire des pièces qui la composent sans accompagner celle-ci d'aucune recherche ou comparaison qui dégage l'intérêt du document. Par ailleurs, les progrès mêmes de la numismatique imposent de revoir les trouvailles anciennes, encore conservées dans leur intégrité à la lumière des connaissances et des méthodes nouvellement acquises, pour en tirer davantage de renseignements.

           La nouvelle politique d'acquisitions se manifesta par l'achat de plusieurs lots de monnaies provenant de trouvailles. En 1949, la collection grecque s'enrichit de 250 tétradrachmes athéniens du trésor de Tell-el Maskhouta (Egypte), ensemble que Monsieur Naster étudia avec le plus grand soin.

           En 1951, 2.074 monnaies du moyen-âge provenant de la trouvaille de la rue des Augustins à Lille entrèrent au Cabinet des Médailles. Il s'agit de deniers émis aux XIIe et XIIIe siècles, surtout en Flandre et en Brabant, mais aussi à Liège.

           En 1952, la collection de monnaies romaines s'enrichit du don que Monsieur Paul Tinchant fit au Cabinet des Médailles, de 932 monnaies en argent et en bronze du Haut-Empire. Ce don important qui comprend des monnaies depuis le règne d'Auguste (27 av.-14 ap. J.-C.) jusqu'à celui de Sévère Alexandre (222-235) constitue une bonne base de collection, surtout pour ce dernier empereur.

           Le docteur Pierre Bastien a donné au Cabinet des Médailles, en 1962, 1963 et 1966, des monnaies romaines du Bas-Empire. L'ensemble de ces dons s'élève déjà à plus de 100 pièces, tandis que Monsieur Efrem Pegan à également offert une centaine de bronzes du IVe siècle et quelques pièces en argent de la même époque. Enfin, le dernier en date des dons de monnaies romaines, celui de Monsieur J.G. en 1967, ne compte que neuf pièces mais représente une valeur marchande importante puisqu'il s'agit de cistophores ou pièces de 3 deniers en argent, tous assez rares. Les achats du Cabinet des Médailles pour cette série comprennent également plusieurs pièces rares: en 1962, le multiple d'aureus de Claude II (268-270) provenant d'un trésor découvert en Méditerranée et deux aurei qui appartenaient à la même trouvaille; en 1964, le très rare denier de Clodius Macer; en 1966, un rarissime antoninien de Salonin auguste. Toutes ces pièces présentent, en plus de leur rareté, un très grand intérêt historique: elles portent témoignage sur une espèce monétaire (le médaillon) ou un empereur que l'on ne connaît guère par d'autres documents. La collection de monnaies romaines s'est enrichie, en douze ans, de 1.439 pièces, pour la plupart du Bas-Empire.

           Un effort particulièrement soutenu et des circonstances favorables ont permis au Cabinet des Médailles d'acquérir une petite collection de monnaies byzantines: de 309 pièces en 1956, cette série est passée à 868 monnaies en 1967 et les spécialistes qui l'ont consultée ces dernières années lui ont témoigné de l'intérêt: elle contient d'ailleurs quelques séries assez complètes.

           Les collections mérovingienne et carolingienne n'ont connu, ces dernières années, que des accroissements insignifiants. Il s'agit d'ailleurs, dans les deux cas, de monnaies rares et, par conséquent, fort coûteuses qui n'apparaissent qu'exceptionnellement sur le marché bruxellois. Un effort sera entrepris prochainement pour développer au moins la collection de pièces carolingiennes.

           La collection de monnaies des Pays-Bas s'est encore développée d'une manière considérable bien qu'elle soit l'une des plus complètes, sinon la plus complète qui existe actuellement. Plusieurs lots de leeuwendaalders des Pays-Bas septentrionaux acquis en 1958, puis de 1963 à 1965 ont doté le Cabinet des Médailles d'une série suffisante de ces monnaies qui n'entrent pas dans le cadre de nos acquisitions prioritaires.

           Pour les Pays-Bas méridionaux, l'acquisition majeure de ces dernières années, le royal d'or de Louis de Crécy, est une pièce unique et, en outre, la plus ancienne monnaie d'or émise aux Pays-Bas. Les pièces uniques ou connues seulement à deux ou trois exemplaires acquises à une date récente sont fort nombreuses: un denier de Bruxelles du XIe siècle, l'écu d'or de Walerand III de Saint-Pol en 1960, le demi-lion d'Antoine de Bourgogne en 1962, le réal d'or de Philippe II pour Tournai en 1966 ne constituent que les plus importantes de ces acquisitions. Cette abondance de pièces rares n'a rien d'étonnant: d'une part, la collection du Cabinet des Médailles est déjà très riche et la plupart des pièces qui lui manquent sont nécessairement rares; d'autre part, cette collection est, avec celle des médailles des Pays-Bas, la seule qui ait pour but final de devenir absolument complète.

           Le trésor de Transinne, découvert dans le Luxembourg belge mais qui ne comprend, pratiquement, que des monnaies françaises fut acquis en 1957. Ce trésor qui peut être mis en parallèle avec un dépôt analogue et avec d'autres trouvailles de la vallée de la Meuse apporte un témoignage fort intéressant sur les courants d'échanges, dans cette région aux XIIe et XIIIe siècle et il augmente, en outre, la collection de monnaies médiévales françaises de 1.660 pièces. Les esterlins anglais qui ont servi de modèle au monnayage des principautés belges du moyen âge se sont augmentés, en 1964, de quelques pièces données par Monsieur Paul De Baeck et, en 1967, d'un lot important acheté par le Cabinet des Médailles.

           Quelques médailles anciennes de qualité se sont ajoutées aux collections: en 1955, la médaille de Henri Barck par Steven van Herwijck; en 1958, plusieurs médailles italiennes de la Renaissance et, en 1966, deux plaquettes de la même époque originaires, sans doute, de nos régions; tandis que le très riche ensemble de jetons des Pays-Bas que possédait déjà le Cabinet des Médailles s'est encore complété en 1964, par l'achat d'un lot important et par un don de Monsieur Paul De Baeck.

           Enfin, les collections de monnaies contemporaines et de papier-monnaie ont bénéficié, depuis 1962, de dons réguliers consentis par de nombreux instituts d'émission étrangers; tandis que pour les médailles belges contemporaines des achats systématiques effectués depuis 1963 ont complété l'oeuvre de la plupart des artistes vivants ou récemment décédés. Ces achats ont été permis par l'établissement d'une documentation relative à chaque médailleur et à son oeuvre; tandis que des achats de médailles contemporaines étrangères tendent à constituer, au Cabinet des Médailles, un centre de documentation pour les artistes belges.

           Les collections du Cabinet des Médailles comptent actuellement, soit après 130 années d'achats réguliers, 184.792 pièces.

           Les dates marquantes qui servent de cadre à l'historique d'une collection sont celles d'acquisitions importantes, par le nombre et par la qualité, dons et legs, collections privées achetées en bloc qui ont, en seul jour, haussé telle ou telle série à un niveau souvent inespéré. Il n'en reste pas moins vrai que le fonds même de la collection, les trois-quarts, au moins de son volume et beaucoup de ses pièces les plus prestigieuses et les plus intéressantes proviennent des achats courants, du travail quotidien de recherche des pièces, de vérification et de classement poursuivi par le personnel du Cabinet des Médailles à travers plus d'un siècle.

 

 
 
 

 

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