François de Callataÿ : L’Open Access agit comme un accélérateur de particules

29/11/2016

François de Callataÿ coordonne aujourd’hui les activités de recherche de la Bibliothèque royale. Cet historien de l’art et archéologue est avant tout spécialiste de la monnaie hellénistique.

Être chercheur à la Bibliothèque royale, qu’est-ce que cela signifie pour vous ?

La Bibliothèque royale de Belgique n’est pas seulement un lieu de conservation du patrimoine ; elle est aussi productrice de savoir. Chaque année, une centaine d’articles et de nombreuses monographies sont publiés par les membres de son personnel. Depuis sa création, des dizaines d’entre eux ont été amenés à professer à l’Université et ils furent nombreux à être élus dans les Académies.

Ce qui a changé, c’est la diffusion du savoir : je me rappelle des paroles proférées avec un certain désabusement par mon directeur de thèse à propos du manuscrit de ce qui allait être mon premier article publié : « Ne soyez pas impatient ! Vous serez lu au mieux par une vingtaine de personnes et sans doute par personne d’ici trois ans ». Je m’en suis longtemps tenu à cette mise en garde.

Quels sont les avantages et les inconvénients de l’Open Access ?

Bien sûr, tout cela a un effet bénéfique sur les index bibliométriques1 « h » et « g » qui – heureusement – ne gouvernent pas encore totalement le monde de la recherche en sciences humaines.

Mais, au-delà de cette petite satisfaction d’auteur, il y a là un véritable effet démultiplicateur sur ce que l’on appelait jadis le « mouvement des idées ». Il en résulte notamment une série d’échanges stimulants avec de jeunes chercheurs. Un monde plus chaud et plus rapide : l’Open Access agit véritablement comme un accélérateur de particules.

Auriez-vous une anecdote au sujet de l’Open Access à nous faire partager.

C’était avant internet. C’était avant Academia.edu qui, en termes de diffusion des connaissances (mais pas de leur filtre), joue en sciences humaines un rôle que la génération précédente n’aurait pas soupçonné. J’ai donc bravement rendu mes productions accessibles via cet outil, sauf celles parues lors des deux dernières années, par courtoisie pour les éditeurs (dont très rares sont ceux qui peuvent répondre à la définition de la « Voie verte », encore moins de la « Voie dorée »).

Résultat des courses et quelques années plus tard : il semblerait que mes articles aient été consultés plus de 100.000 fois. Et toute une série d’entre eux téléchargés plus de 500 fois par des personnes dont je peux identifier le pays d’origine.

 

Retrouvez les publications de François de Callataÿ sur Academia.edu.

 

1 Un index bibliométrique permet de mesurer l’activité d’un scientifique.