Musique dans les Pays-Bas au Moyen Âge et à la Renaissance

Sources rendues accessibles à la Bibliothèque royale

En 2012, la Bibliothèque royale de Belgique a entamé une collaboration avec la Fondation Alamire. Centre international d’Étude de la musique dans les Pays-Bas, dans le but de rendre accessible en ligne une partie de son patrimoine musical.

Riche collection de manuscrits musicaux

La bibliothèque des Ducs de Bourgogne et de leurs successeurs habsbourgeois était hétéroclite. Outre des manuscrits liturgiques, des œuvres littéraires et des traités divers, elle contenait de la musique religieuse et profane. La cour de Marguerite d’Autriche en particulier s’était transformée en pôle d’attraction pour la production et l’exécution de messes polyphoniques, de motets et de chants.

Suite à la confiscation et à la dispersion des possessions des monastères au XVIIIe siècle, une quantité impressionnante de musique grégorienne a été rassemblée à Bruxelles. Des acquisitions et des donations aux XIXe et XXe siècles furent à l’origine de la présence d’une riche collection de musique polyphonique et grégorienne du Moyen Âge et de la Renaissance dans les collections de la Bibliothèque royale.

Mise à disposition numérique du patrimoine musical

La collaboration structurelle avec la Fondation Alamire vise à mettre en valeur cette richesse. Ce centre, associé à la KUL, développe une banque de données de musique ancienne. Nonobstant ses délimitations géographiques et chronologiques flexibles, l’accent est mis sur les Pays-Bas antérieurs à 1600.

L’Integrated Database for Early Music (IDEM) a été élaborée autour des images numériques de manuscrits et de livres imprimés contenant ces compositions. Les photographies ont été réalisées par le Alamire Digital Lab, un laboratoire mobile qui numérise les sources selon les normes de qualité les plus élevées et ce, sur le lieu où elles sont conservées. Cette méthode permet de photographier à très haute résolution (80 millions de pixels) des livres aux dimensions exceptionnelles ou très lourds, des œuvres sur parchemin ou autres matières difficiles à reproduire telles que l’or ou l’argent.

L’Alamire Digital Lab à la Bibliothèque royale

L’installation de l’Alamire Digital Lab a permis en 2012 de numériser tous les manuscrits contenant de la musique polyphonique des collections de la Bibliothèque royale. Depuis 2015, le projet vise essentiellement les enregistrements des manuscrits contenant de la musique grégorienne. La musique imprimée sera traitée dans un stade ultérieur.

Après la numérisation, la Bibliothèque royale et la Fondation Alamire vont mettre en œuvre la mise à disposition. Le but est d’augmenter l’accessibilité des sources musicales pour les chercheurs et les musiciens, mais aussi pour un public aussi large que possible. L’exposition Petrus Alamire – La Polyphonie en images, qui s’est tenue dans la Cathédrale Notre-Dame d’Anvers en 2015, en est un exemple parlant : grâce aux applications multimédia, les manuscrits de l’atelier du copiste et entrepreneur Petrus Alamire (ca. 1470 – 1536) ont été mis en lumière sous divers aspects.

Une collaboration fructueuse

Pour la mise à disposition des sources musicales, la Bibliothèque royale et la Fondation Alamire travaillent en étroite collaboration. Non seulement l’appareillage et la technologie, mais aussi les angles de vue pour étudier les manuscrits et imprimés, sont complémentaires. L’interaction permanente entre conservateurs, chercheurs et musiciens génère des résultats novateurs dont la réalisation d’une plateforme où les institutions patrimoniales, le monde académique et les domaines d’application se rencontrent.