
(c) Julie Limont
Que représente KBR museum pour vous ? Pourquoi ce musée en particulier ?
Nous sommes une civilisation du livre, c’était jusqu’à il y a peu la pierre angulaire de notre culture et de nos savoirs, et il suffit d’une coupure de courant pour se rendre compte que les livres restent une technologie essentielle ! Les bibliothèques sont des endroits souvent secrets, et leurs collections inaccessibles au grand public. Le KBR museum permet d’y avoir accès, et notamment à l’incroyable Librairie des ducs de Bourgogne !
Quel rôles la culture, les livres ou le patrimoine jouent-ils dans votre vie personnelle ou professionnelle ?
Ils sont centraux puisque je suis relieuse d’art : mon quotidien consiste à habiller des livres précieux – éditions originales rares ou manuscrits – avec une structure sur mesure qui leur permette de traverser les siècles, en proposant une création plastique qui en fasse des exemplaires uniques. Je fais de la haute couture pour les livres.
Avez-vous une œuvre, une pièce ou un manuscrit préféré dans le musée ? Pourquoi ?
Je suis extrêmement sensible au Traité de l’oraison dominicale de Jean Miélot. Les miniatures en elles-mêmes sont époustouflantes, mais aussi l’ensemble de l’ornementation des pages, lettrines et marges décorées.
Y a-t-il une partie de KBR ou du musée qui vous émerveille particulièrement ?
Je trouve génial d’en avoir fait de la visite une expérience non seulement visuelle mais aussi sonore. L’ajout de la partie polyphonie du musée est une idée formidable, et la sonorisation de la chapelle de Nassau est très réussie.