Projet: Frédéric Marselaer

En juin 2012, un projet de recherche concernant Frédéric Marselaer a été lancé à la section des Estampes de la Bibliothèque royale de Belgique. Cette étude a pour but de comprendre les stratégies de construction d’une identité et d’une image de soi mises en place par un homme de la ville au XVIIe siècle. Les recherches, menées par Nathalie Roland, se présentent sous forme d’une thèse de doctorat, dirigée par Wouter Bracke.

Le contexte historique

L’histoire des anciens Pays-Bas au XVIIe siècle est souvent assimilée à une période sombre et troublée. De multiples conflits politiques et religieux font de ces régions « le champ de bataille de l’Europe ». Ce contexte troublé contraste avec l’apparition de la culture baroque : la société devient un haut lieu de la représentation et du spectacle où chaque évènement est mis en scène, ritualisé, codifié. De nombreux historiens ont étudié la mise en scène des plus hauts représentants de l’État (Rois & Reines) ou de groupes influents (Jésuites) mais peu se sont intéressés à un niveau plus local, par exemple à l’image d’un homme de la ville.

Au XVIIe siècle, Bruxelles a déjà un statut proche de celui d’une capitale. Cependant, son histoire avant le bombardement de 1695 par les troupes de Louis XIV reste un domaine peu exploré. À cette époque, la ville abrite la Cour, lieu de résidence et de pouvoir du gouverneur-général (c’est lui qui gère ce territoire au nom du Roi d’Espagne) ainsi que les institutions administratives centrales. Depuis le Moyen Age, la ville est gérée par ses propres représentants au niveau communal : les bourgmestres et échevins proviennent soit des Lignages, c’est-à-dire les familles nobles, soit des métiers.

L’un des représentants de ce pouvoir, Frédéric Marselaer (1584/86-1670), personnage peu connu, a pourtant été un membre actif à la ville de Bruxelles : il est nommé 15 fois échevin, 7 fois bourgmestre, 5 fois surintendant du canal et 3 fois trésorier. Il est aussi l’auteur de plusieurs traités dont un sur l’art d’être un bon ambassadeur.

Le projet

En juin 2012, un projet de recherche concernant ce personnage a été lancé à la section des Estampes de la Bibliothèque. Cette étude a pour but de comprendre les stratégies de construction d’une identité et d’une image de soi mises en place par un homme de la ville au XVIIe siècle. Quel(s) élément(s) dans les représentations rend(ent) Frédéric Marselaer immédiatement identifiable ? Qui sont les membres de son réseau et comment ont-ils contribué à la diffusion de son image ?

Pour répondre à ces interrogations, une approche interdisciplinaire grâce à des sources multiples et variées a été envisagée. Les collections patrimoniales de la Bibliothèque royale permettent d’aborder dédicaces, poèmes, pièces de théâtre, extraits d’ouvrages anciens écrits par Frédéric Marselaer et ses contemporains (Imprimés anciens et précieux), portraits gravés d’après l’œuvre de peintres célèbres (Estampes), lettres et archives personnelles, informations généalogiques (Manuscrits) ou jetons frappés en sortie de charge (Monnaies et médailles). D’autres documents conservés dans des centres d’archives fédéraux, locaux ou spécialisés complètent cette étude. Ce travail a pour objectif de mieux cerner les mécanismes de représentation, d’identification et de légitimation au sein de la ville.

Le projet bénéficie du financement de la Politique scientifique fédérale belge (Belspo) et s’inscrit dans le Pôle d’Attraction Interuniversitaire (PAI 7/26) - Ville et Société dans les Pays-Bas (ca 1200 - ca 1850). La condition urbaine entre résilience et vulnérabilité.

http://www.cityandsociety.be/

Recherches : Nathalie Roland

Promoteur : Wouter Bracke