KBR a enrichi sa collection d’un dessin de Léon Spilliaert (1881-1946). L’œuvre a été récemment acquise par la Fondation Roi Baudouin grâce au soutien du Fonds Marie-Jeanne Dauchy. Ce dessin unique a été confié au Cabinet des estampes de KBR qui le rendra accessible au public.
Un témoin unique des premières années de Spilliaert
Le dessin nouvellement acquis a été réalisé en 1907 pour servir de couverture pour Le Sculpteur de masques, une pièce de théâtre de l’écrivain belge Fernand Crommelynck (1886-1970). La feuille date des premières années de Spilliaert et son atmosphère expressionniste et sa beauté sombre sont caractéristiques de sa première période « noire ». La même année, l’éditeur bruxellois Edmond Deman (1857-1918) publia la pièce Le Sculpteur de masques, mais le dessin de Spilliaert ne lui plut pas et la commande de l’illustration n’a jamais abouti. Le dessin original désormais conservé à KBR est donc un témoin unique des débuts de Spilliaert en tant qu’illustrateur de livres. Un second dessin de Spilliaert, jamais utilisé non plus pour Le Sculpteur de masques, est conservé au Musée d’Ixelles.
Un autodidacte
Léon Spilliaert est l’aîné de sept enfants et naît à Ostende, où son père tient une parfumerie. Dès l’enfance, le jeune Spilliaert s’intéresse à l’art et au dessin, mais il ne suivra jamais de formation académique formelle. Autodidacte, il suit sa propre voie et développe son propre style mélancolique. Aujourd’hui, Spilliaert est reconnu comme l’un des artistes belges les plus influents du début du XXe siècle.
La collection Spilliaert à KBR
Le dessin pour Le Sculpteur de masques fait partie de la riche collection Spilliaert de KBR, qui possède la plus grande collection publique de son œuvre, avec plus de 150 dessins.
La plupart de ces dessins sont réalisés à l’encre de Chine, certains sont coloriés. Les dessins reflètent l’intérêt de Spilliaert pour le symbolisme littéraire, sa vision aiguisée du monde et des problèmes sociaux de l’époque, mais aussi l’atmosphère familiale qui lui est chère. Les œuvres révèlent la quête spirituelle de l’artiste et son envie d’expérimenter.
