Portrait de François-Joseph Navez

Un terrain de jeu pour les stagiaires : le projet Navez 

Le projet Navez (2023–2027) est une recherche financée par le FWO (Fonds Wetenschappelijk Onderzoek), menée en collaboration entre l’Université de Gand (Pr Dr. Julie M. Birkholz) et KBR. Il se concentre sur les réseaux et le capital social du peintre néoclassique François-Joseph Navez (1787–1869). Le projet combine des méthodes issues de l’histoire de l’art avec des outils des humanités numériques afin de mieux comprendre les ramifications de son réseau – et, par exemple, à qui Navez faisait appel pour trouver les meilleurs pinceaux. 

Pour ce faire, une méthodologie et un flux en plusieurs étapes ont été développés. Ils incluent la numérisation et l’analyse de la correspondance de Navez, conservée notamment à KBR ; l’utilisation d’un cadre computationnel qui permet de transformer l’écriture manuscrite en texte (HTR) ; et l’application de techniques de traitement automatique du langage naturel (NLP) pour révéler la complexité de ses réseaux sociaux. 

Un contexte idéal pour faire participer de jeunes chercheurs. 

Qui est François-Joseph Navez ? 

François-Joseph Navez (1787–1869) est l’un des artistes néoclassiques belges les plus influents. Formé à l’Académie des Beaux-Arts de Bruxelles, il a perfectionné sa technique dans l’atelier de Jacques-Louis David à Paris (1813–1816), avant de partir pour un long séjour d’étude à Rome (1817–1822) qui constitua une source d’inspiration durable pour le reste de sa carrière.  

Ses scènes historiques, ses représentations de l’Italie et ses portraits expressifs témoignent de sa maîtrise technique et de son intelligence sociale. À son retour d’Italie, Navez enseigna dans l’Académie dont il fut jadis l’élève. Il en devint finalement le directeur, dans une Belgique qui, tout comme son art, était en pleine transformation. Dans son atelier de la rue Royale à Bruxelles, il forme de futurs artistes – hommes et femmes. Ses œuvres sont visibles notamment aux Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique et au Musée des Beaux-Arts de Charleroi. 

De jeunes chercheurs 

Au cours des derniers mois, pas moins de 15 stagiaires ont participé au projet Navez : une expérience riche mêlant recherche en archives, valorisation du patrimoine et méthodes numériques. Au cœur du projet : une impressionnante collection de plus de 2.000 lettres adressées à François-Joseph Navez. 

Certains étudiants ont expérimenté des outils permettant de transcrire semi-automatiquement des manuscrits du XIXe siècle, et ont évalué les programmes les plus adaptés à cette tâche complexe. D’autres se sont penchés sur les possibilités et limites des Large Language Models (LLM). 

Durant l’été 2024, un groupe d’historiens a relu avec soin les lettres transcrites automatiquement. Ensemble, ils ont constitué un corpus validé, ce qui facilitera grandement les étapes suivantes du processus. 

Les stagiaires se sont également penchés sur d’autres aspects du projet : études de cas sur des correspondances, recherche de lettres inconnues dans des bases de données françaises et italiennes, numérisation d’archives via une tente de numérisation, analyse d’un album amicorum (journal personnel) de la fille de Navez, ou encore lancement d’un projet pilote autour des catalogues de salons. 

Photo : La stagiaire Marie au travail sur l’album amicorum de Marie Hélène Navez (1828–1855) [lien KBR], la fille du peintre François-Joseph Navez.

Pour l’équipe du projet Navez, un stage est bien plus qu’un simple encadrement – c’est un échange. Les étudiants acquièrent de l’expérience de terrain, et le projet bénéficie d’idées neuves, de questions pertinentes et de résultats concrets. 

Lettre transcrite à l’aide de l’outil HTR Transkribus

Et du côté des stagiaires ? 

En déplacement avec la stagiaire Lusine, où nous numérisons une série de lettres de Navez dans les archives de l’OCMW de Bruxelles à l’aide de la tente de numérisation.

Nicole a découvert le style flamboyant de l’artiste J. Beauvoir en relisant des lettres. Paula a transformé des textes historiques en jeux de données exploitables à l’aide d’outils comme Transkribus et ELABA. Lusine a contribué à la création d’un système de nomenclature et a amélioré la qualité d’image dans la tente Transkribus. Iris a même trouvé une lettre de Navez dans sa ville natale toscane. Camille s’est plongée avec enthousiasme dans la presse ancienne via BelgicaPress, à la recherche de mentions de Navez. 

Tous ont pu découvrir les coulisses de KBR. Pour Prince, qui testait des outils HTR, le passage par les départements de restauration et de numérisation a été un moment marquant : 

« Cela m’a donné un nouveau respect pour le travail patient qui précède l’accessibilité numérique. » – Prince (soutien HTR) 

Ce qui les rassemblait : une curiosité commune pour la manière dont des données du XIXe siècle peuvent prendre vie grâce aux méthodes d’aujourd’hui. 

« Cette expérience a renforcé mon admiration pour la façon dont la technologie peut préserver le patrimoine culturel, et souligne l’importance d’archives accessibles et bien organisées pour la recherche future. » – Lusine (soutien à la recherche archivistique) 

Entre-temps, le projet passe à la vitesse supérieure : de nouveaux stagiaires testent des outils, affinent les méthodes, et font progresser encore un peu plus la recherche sur le réseau et le capital social de l’artiste François-Joseph Navez. 

Photo: La stagiaire Paula aide à accrocher notre affiche lors de la conférence DH Benelux 2024 à Louvain.

Envie d’en savoir plus sur le projet Navez ? 
Contactez Fien Messens (Svra.Zrffraf@htrag.or) ou la Pr Dr Julie M. Birkholz (Whyvr.Ovexubym@xoe.or).