Vitrine 2 – Texte 1


Notre épopée bourguignonne s’ouvre sur une femme. Son nom ? Marguerite de Male. Son atout ? Héritière la plus riche d’Europe, elle est appelée à devenir comtesse d’Artois, de Rethel, de Franche-Comté, de Nevers et, surtout, de Flandre. Ducs et rois briguent sa main ; pourtant son père, Louis de Male, arrête finalement son choix sur Philippe le Hardi, duc de Bourgogne et plus jeune fils du roi de France. Le 19 juin 1369, ils s’unissent à l’abbaye Saint-Bavon de Gand.


Huens représente Philippe coiffé d’un chapeau somptueux — il affectionnait les couvre-chefs éclatants — et pare Marguerite de délicates marguerites, clin d’œil à son prénom [B]. Dans la chronique du XVIe siècle, le duc lui en offre même une [n° 3]. Charmant détail, mais l’essentiel est ailleurs : cette alliance donne naissance à une nouvelle entité politique, entre le royaume de France et le Saint-Empire romain germanique — les Plats Pays, berceau de ce qui deviendra plus tard la Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg.

Au cœur de la guerre de Cent Ans, Philippe s’est déjà illustré comme chef militaire [n° 6]. C’est à cette bravoure qu’il doit son surnom : le Hardi. En Flandre, il réprime une révolte gantoise. Lors des négociations de paix, c’est Marguerite qui l’exhorte à adopter un ton conciliant — toute la différence entre dominer et gouverner dans la durée.

Outre son rôle décisif dans la genèse des Plats Pays, l’héritage le plus marquant de Philippe se situe sans doute dans le domaine artistique [nº 5].