Copier n’est pas un crime

Depuis des millénaires, les techniques de partage d’informations et de textes évoluent avec leurs publics. Avant l’invention de l’imprimerie, le livre est manuscrit, c’est-à-dire, littéralement, « écrit à la main ». La réalisation d’un seul exemplaire pouvait prendre des mois voire des années.

 

 

Un travail minutieux

Avant de commencer à écrire, le copiste trace les marges et les lignes qui guideront le texte. Elles restent généralement visibles une fois le manuscrit terminé. Il faut ensuite préparer l’encre et tailler la plume. Puis, enfin, les lettres peuvent être tracées. À main levée et avec régularité.

Les copistes sont souvent représentés une plume à la main et un couteau dans l’autre. Ce dernier leur servait à tailler régulièrement leur plume mais également à gratter les fautes et taches éventuelles.

 

 

 

 

 

 

Chacun la sienne

Les écritures manuscrites sont multiples. Elles varient selon les lieux, les époques mais aussi les types de textes. Ainsi, au XVe siècle, la forme des lettres ne sera pas la même dans un livre de messe, un contrat commercial, un roman ou la traduction d’un texte antique par un humaniste.

En amateurs de livres et prescripteurs de tendances, les ducs de Bourgogne ont leur écriture attitrée : la bâtarde bourguignonne.

 

Extrait d’un texte en écriture bâtarde bourguignonne, Conquestes et croniques de Charlemaine. KBR, ms. 9067

 

Et le fameux moine copiste ?

Les abbayes sont de hauts lieux de la production de manuscrits au Moyen Âge. Cependant, avec l’apparition des universités, des ateliers d’artisans du livre se développent peu à peu dans les villes. Au XVe siècle, la fabrication du manuscrit est désormais surtout aux mains de professions urbaines. Cette évolution se traduit notamment par une production croissante de textes profanes qui plaisent aux nouvelles clientèles urbaines.

Le moine copiste existe donc bel et bien mais il est loin d’être le seul à avoir œuvré à la copie des textes médiévaux. Notons également que, religieux ou laïcs, les copistes sont aussi bien souvent des femmes.

 

 

Et vous, combien de temps auriez-vous mis pour copier un manuscrit ?

Découvrez-le en visitant le KBR museum.

 

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